Cinéma : Les parfums, film de Grégory Magne

L’avis de notre (nouveau) chroniqueur cinéma Calisto Dobson
Sortie en salles le 1er juillet 2020
La rencontre de deux personnages sur le fil de la vie.
Guillaume Fabre (Grégory Montel, révélé par la série 10%), est chauffeur de maître, freelance dirait-on. Ses trois derniers points sur son permis lui permettent de garder de justesse son gagne-pain. Sa mission, conduire Mademoiselle Anne Walberg (Emmanuelle Devos), glorieux nez déchu de la parfumerie de luxe. Entre ce papa qui se bat pour la garde partagée de sa fille de 10 ans et l’ex-gloire des effluves suaves à l’émotivité rigide se noue une relation bordée d’antagonismes. Lui tout en bonhomie se heurte aux exigences névrosées d’une femme calfeutrée dans sa tour d’ivoire.

Voilà pour le point de départ.

Sur une mise en scène feutrée qui s’ajuste au plus près de la narration, Grégory Magne (auteur et réalisateur notamment de A Sec 2015), parvient sur une trame éculée à instiller un beau brin d’originalité. Toute en regards silencieux Emmanuelle Devos incarne avec élégance une diva détrônée, emmurée dans son regret de ne plus pouvoir créer “d’essence divine”. Grégory Montel réussit sobrement à personnifier un homme qui n’a de cesse de conserver sa dignité de père. Une lumière à la clarté automnale, sur une musique cousue main de Gaëtan Roussel (Louise Attaque), finissent d’envelopper ce joli petit film d’une simplicité radieuse qui vous fera passer un moment d’accalmie.

Ecrit et réalisé par Grégory Magne, avec Emmanuelle Devos, Grégory Montel, Gustave Kervern. 100 mm