Théâtre : Uma Madre de Colm Tolbin (Théâtre 14)

Texte d’après Le Testament de Marie de Colm Tòibìn, Mise en scène et dramaturgie, Amahì Saraceni, Musique et création du dispositif musical, Alvise Sinivia, Scénographie Franck Jamin, Lumières Eric Wurtz, Costumes Consuelo Zoelly
Avec Vittoria Scognamiglio, Alvise Sinivia et Éloïse Vereecken

Alors que les théâtres restent fermés, quelques initiatives pour les professionnels du spectacle préparent l’avenir. Ainsi, Uma Madre, inspiré d’un texte de Marie de Colm Tolbin, a été présentée par la compagnie de Léthé dont la création était prévue en janvier 2021 au Théâtre 14 récemment remis à neuf. Une pièce forte, bouleversante parle de liens familiaux et sociétaux traversant les siècles devra être une priorité à l’ouverture des salles.

Une pièce qui renvoie aux drames intimes de notre époque.

Vittoria Scognamiglio et Éloïse Vereeken jouent Una Madre Photo @ Roberta Verzella

Une femme raconte la mort de son fils, fils de Dieu mort crucifié, mais refuse le portrait que ces anciens compagnons veulent bâtir autour de lui. Issue du texte : « Le Testament de Marie » de Marie de Colm Tolbin, la pièce est mise en scène par Amahi Sacaceni qui a choisi de garder une partie du texte en italien dont la traduction apparait sur un dispositif mural fait de laizes de moquette taupe.
Loin d’être troublé par ce mélange de français et d’italien, le spectateur est capté par les mots et la puissance de l’interprétation de Vittoria Scognamiglio, absolument saisissante : « C’est un choix artistique et musical intime. Il y a des mots, des sentiments qu’on ne peut transporter d’une langue à l’autre. Chaque souvenir resurgit dans la langue qui l’a vu naître » argumente Amahi Saraceni.

Alvise Sinivia pianiste compositeur et performeur éclaire Una Madre Photo @ Roberta Verzella

Uma Madre est une œuvre forte avec une scénographie originale, entremêlant le théâtre, la musique, la danse, les arts plastiques. « Cette alliance est devenue évidente aujourd’hui, mais elle l’était déjà au temps de la Grèce antique » rappelle Amahi.

Le plateau est traversé de cordes venant de deux pianos démantelés. Les comédiens, deviennent des archers, jouent avec leurs corps en produisant des sons sortis de ces fils de nylon tendus.

La pièce nous transporte dans des périodes différentes, entretenant le trouble dans l’esprit du spectateur, dans des endroits différents également : Naples, Jérusalem. Pièce forte parlant aussi d’immigration, de distances entre générations, d’interprétation des événements pour coller à une certaine réalité idéalisée.

Tous les comédiens sont magnifiques

Vittoria Scognamiglio dans Una Madre mise en scène Amahi Sacaceni Photo @ Roberta Verzella

Vittoria Scognamiglio jongle entre cinéma, télévision, et théâtre avec des choix éclectiques mais qui toujours lui permet de brosser des rôles profonds : La Delicatesse des frères Foenkinos, de la série Odysseus pou Arte, ou Croque-Monsieur récemment au Théâtre de la Michodière avec Fanny Ardent.

Alvise Sinivia varie ses prestations et ses rencontres avec les danseurs, les plasticiens, les vidéastes… .Engagé dans la création, ce pianiste compositeur et performeur collabore régulièrement avec des compositeurs et participe à l’Orchestre de Nouvelles Créations, expérimentations et improvisations musicales (ONCEIM)

Éloïse Vereeken, la jeune comédienne a déjà joué avec Amahi Saraceni dans A quoi rêvent les autres d’Olivia Rosenthal ou avec Vittoria Scognamiglio dans Amore Cotto.

#PatriciadeFiguieredo