TV ou Replay : 8 films pour une stimulante semaine de cinéma

Comme une sorte de calendrier d’avant, notre sélection permet de vous guider quotidiennement dans une offre pléthorique. Les 8 films à voir ou à revoir sont de cinéastes aux signatures très personnelles :  Valerio Zurlini (Le Professeur), Diao Yi’nan (Le Lac aux Oies Sauvages), Abdellatif Kechiche (Mektoub, My Love: Canto Uno) Terence Young (Cosa Nostra), Ziad Doueiri (L’insulte), Sólveig Anspach (L’effet aquatique), John Sturges (Les sept mercenaires), Joël Séria (Les galettes de Pont-Aven). Pour tous les goûts et tous les jours.

Le Professeur, de Valerio Zurlini (1972)

avec Alain Delon, Sonia Petrova, Léa Massari 130 mn
Disponible : Arte TV. (dernier passage TV 7 12 20)

Un drame romantique rare avec un Alain Delon au sommet.

“Le Professeur” de Valerio Zurlini (1926-1982 “La Fille à la Valise”, “Le Désert des Tartares”), avec un Alain Delon mal rasé tendance romantico destroy est une œuvre fébrile au romantisme sombre.
Dépassant le cliché de la relation amoureuse entre un professeur et une élève, ce film enlève le morceau par sa rudesse aux relents néo-réalistes. Un prof fantomatique vivant séparé dans son mariage s’amourache d’une étudiante à la blessure envoûtante.
Il faudra attendre “Monsieur Klein” de Joseph Losey et plus loin “Notre Histoire” de Bertrand Blier ou encore “Nouvelle Vague” de Jean-Luc Godard pour revoir un Delon marchant sur la corde. Sonia Petrova, beauté saisissante, à part une apparition dans le “Ludwig” de Visconti. Quant à Léa Massari, éternelle second rôle de haut vol, elle enchaînera encore pas loin de 25 films après “Le Professeur”.
Pas une seconde d’hésitation, à vos enregistreurs, à part en VOD et encore, vous n’êtes pas prêts de revoir ce “Professeur” à la télévision.

Le Lac aux Oies Sauvages, de Diao Yi’nan (2019)

avec Ge Hu, Gwei Lun-Wei, Liao Fan (110 mn)
Canal + en repaly (dernier passage 8 12 20) 

Sombre et violent, un film noir qui dévisage un certain pan de la Chine contemporaine.

Vous bénéficiez d’un abonnement Canal? Précitez vousr le bijou noir du réalisateur chinois Diao Yi’nan (“Black Coal” Ours d’Or du meilleur film à la 64ème Berlinale).
Un truand cherche à empocher la récompense sur sa propre mise à prix à l’aide d’une prostituée afin de mettre sa femme à l’abri. Sur ce postulat échevelé nous assistons à une descente en rappel dans les méandres d’une Chine hors cadre.

Concis dans son propos malgré son script hyperbolique, ce film est d’une noirceur aux relents “exotico post industriels”. Une société délabrée derrière une vitrine clinquante.

Mektoub, My Love: Canto Uno, de Abdellatif Kechiche (2018)

avec Shaïn Boumedine, Ophélie Bau, salim Kechiouche (175 mn)
VOD Disponible France 2 ( dernier passage TV 9 12 20)

La parade amoureuse contemporaine de ”corps-tiqués” par l’auteur de “La vie d’Adèle”.

Abdellatif Kechiche poursuit sa quête. Continuer après l’ouragan “la Vie d’Adèle” n’a pas dû être facile. Chroniqueur du désir et des passions, il nous invite cependant à suivre le cheminement du destin (le mektoub), quand celui-ci se mêle d’aimer,  et de se faire aimer. Nouvelle évocation des entrelacs sentimentaux contemporains, l’acuité du regard du cinéaste continue de nous emporter dans un flot d’images qui impriment définitivement notre persistance rétinienne. Héritier d’un Jean Eustache et pouvant se comparer à un genre de Philippe Garrel en plus hédoniste, son cinéma restera une référence pour son époque.

Cosa Nostra, de Terence Young (1972)

avec Charles Bronson, Lino ventura, Jill Ireland (110 mn)
Polar + en replay. (dernier passage Jeudi 10 décembre 2020 à 20h50)

Un film sur la mafia légèrement méconnu de 1972 qui raconte l’histoire authentique d’un des tout premiers repentis.

En 1972 Terence Young est un vétéran, il a trois des meilleurs James Bond à son actif (“James Bond contre Dr. No”, “Bons baisers de Russie”, “Opération Tonnerre”, et vient de réaliser un western improbable avec Alain Delon et… Charles Bronson (“Soleil Rouge”). Solide faiseur de films en naviguant à travers tous les genres à la façon d’un Richard Fleischer il embraye sur un projet de mafia; “Le Parrain” vient de marabouter le box office et les Oscars.
Son film est inspiré d’une histoire vraie, celle de Joseph Valachi, chauffeur de son métier pour la pieuvre sicilienne installée à New-York. Il raconte son recrutement, les mauvais coups et sa trahison pour sauver sa peau.
Un Charles Bronson qui en 1972 a encore de beaux jours devant lui interprète le rôle principal pendant que notre Lino Ventura national se glisse dans le costume de l’impitoyable chef mafieux Vito Genovese.
Âpre pour l’époque, ce film en dehors de la qualité de son interprétation et de l’assurance de sa mise en scène a eu en son temps le mérite de mettre en lumière le destin d’un des tout premiers, si ce n’est le tout premier “repenti”.

L’insulte, de Ziad Doueiri (2018)

avec Adel Karam, Kamel El Basha, Camille Salameh (109 mn)
Paris Première en replay – dernier passage vendredi 11 décembre 2020 à 20h55)

La question communautaire au Liban évoquée au travers d’une altercation transformée en fait-divers juridique.

Un ouvrier répare une gouttière contre l’avis d’un locataire, lorsqu’une insulte fuse. Celle-ci va déclencher l’affrontement entre deux communautés. Seront dévoilés des comportements occultés et les traumatismes enfouis de la guerre du Liban. Toutes les tensions entre chrétien et musulman comme autant de non-dits seront à nouveau exacerbées jusqu’à provoquer une intervention au plus haut sommet de l’Etat. Des siècles d’opposition entre deux communautés observées par le petit bout de lorgnette pour mieux en dénoncer l’absurdité et renvoyer dos à dos les protagonistes.

Ex assistant de Quentin Tarantino, auteur du remarqué “L’attentat” qui lui valu une convocation devant un tribunal militaire, Ziad Doueiri a également réalisé des épisodes de la série “Baron Noir”. L’un de ses acteurs, Kamel El Basha a remporté le prix d’interprétation au Festival de Venise 2017 pour son rôle dans “L’insulte”.

L’effet aquatique, de Sólveig Anspach (2016)

avec Samir Guesmi, Florence Loiret Caille, Philippe Rebbot, Estéban, Olivia Côte.
Sur ARTE le 12 décembre 2020 et en Replay jusqu’au 14 janvier 2021. 83 mn

Une comédie romantique tendre et burlesque sur un marivaudage entre un grutier lunaire et une maître nageuse tempétueuse.

Après entre autres “Haut les coeurs!” en 1999 avec Karin Viard en mère courage face à son cancer et ”Lulu femme nue” toujours avec Karin Viard en 2013, Sólveig Anspach décédé en 2015 à la suite d’un cancer nous a laissé un testament cinématographique des plus attachants.
Samir (Samir Guesmi parfait en amoureux transi lunaire) grutier à Montreuil, a le coup de foudre pour Agathe, (Florence Loiret Caille impétueuse à souhait), maître nageuse à la piscine Maurice Thorez. Alors qu’il sait parfaitement nager il ment et décide de prendre des cours de natation. Seulement elle déteste la dissimulation, incapable de se dépêtrer de son mensonge, il finira par la poursuivre jusqu’en Islande au congrès des maîtres nageurs. En panier garni plusieurs seconds rôles savoureux, Philippe Rebbot et Estéban en employés branquignoles de la piscine municipale ainsi qu’Olivia Côte en maître nageuse nymphomane.
Petit secret bien gardé “L’effet aquatique” est un joli brin de petite comédie romantique qui redonnera le sourire à ceux qui l’ont perdu et donnera aux autres une bonne raison de le garder.
N’hésitez pas une seconde à regarder ce film (disponible en replay sur Arte jusqu’au 14 janvier 2021), qui a reçu le prix SACD en 2016 à la Quinzaine des Réalisateurs et le César du meilleur scénario original en 2017 à titre posthume pour Sólveig Anspach co-scénariste avec Jean-Luc Gaget.

Sans oublier

Les sept mercenaires, de John Sturges (1960)

avec Yul Brynner, Steve Mcqueen, Eli Wallach, James Coburn, Robert Vaughn, Charles Bronson, Horst Buchholz, n’en jetez plus…
sur Arte dimanche 13 décembre 2020  à 20h55 et lundi 14 à 13h35

Les galettes de Pont-Aven, de Joël Séria (1975) 

avec Jean-Pierre Marielle, Claude Piéplu, Jeanne Goupil, Andréa Ferréol, Bernard Fresson, Romain Bouteille (105 mn)
sur C8 à 21h05

Je ne vous ferai pas l’affront de vous présenter l’un de ces deux films, que ce soit le western américain mythique ou la jouissive comédie française et son inénarrable Monsieur Henri.
Revoir une bande d’aventuriers hétéroclites se sacrifier pour sauver un village de paysans mexicains rackettés ou le génial et immensément regretté Jean-Pierre Marielle en peintre érotomane du dimanche.
Gros match à prévoir sur le ring de l’audimat et même si vous disposez d’un enregistreur quoi mettre dans la boîte? Quoique avec Arte la rediffusion est prévue dès le lendemain lundi 14 décembre à 13h35. Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

#CalistoDobson