Culture

Le ‘More is less’ de Franck Scurti, poète des débris

Auteur : Marc Pottier, Art Curator basé à Rio de Janeiro

Article publié le 31 juillet 2020

Comme aucun artiste de sa génération, Franck Scurti sait manier l’allusion. ‘More is less’, le titre choisi pour son exposition au Palais de Tokyo en 2019 condense très bien sa démarche esthétique. Cet artiste né en 1965 aime travailler avec économie. C’est pourquoi, ce poète des débris travaille beaucoup avec des objets trouvés dans la rue.  Il participe à l’exposition « Des marches, démarche » au Frac PACA et a installé son atelier « Au jour le jour » au Grand Palais, jusqu’au 23 août.

Franck Scurti More is less. Installation in situ Palais de Tokyo 2019 © DR

 

Ce qui intéresse le plus Franck Scurti est la portée du geste créatif. Lui qui a du mal à parler, préfère faire parler à sa place les choses qui entrent dans ses compositions, principalement sculpturales.

Cet artiste français né à Lyon en 1965 et vivant à Paris est convaincu que pour celui qui cherche bien la grande Histoire se retrouve à partir de la petite histoire. Il peut aussi prendre des positions engagées quand il déclare à propos de ‘More is less’ :  « Elle ne portera aucun jugement de valeurs sur la perte du sens religieux au profit d’une culture de consommation, la multiplication des pains jusqu’à leur disparition par la reproduction technique suggérera plutôt que les modèles économiques construits sur la consommation de masse aboutissent immanquablement à l’appauvrissement collectif. »

Il y a un sourire dans mon travail

Franck Scurt expose ‘Street Credibility’ (1998) à l’exposition FRAC PACA @ ADAGP Crédit photo Klaus Stober

Il cherche à redonner une valeur à ces objets délaissés qu’il trouve sur son chemin et veut leurs faire raconter une histoire. Il réunit ses trouvailles de façon à former un récit dont le sens n’est jamais dit et où il aime à jouer avec les correspondances et les stratifications des éléments qui composent ses œuvres. Un humour fin et discret se dégage de ses bricolages, de ses juxtapositions inventées où se marient de façon convaincante briques, parties de murs d’isolation, balles de tennis, affiches, papillons ou encore pièces de jeu d’échec…

Comme le dit l’artiste ‘ il y a un sourire dans mon travail pour déstabiliser le spectateur’. Cet humour on peut aussi le retrouver dans des compositions originales des objets de la vie quotidienne qu’il transforme et déforme.
On pense ainsi à sa suite d’enseignes lumineuses de commerce qui ressemblent à leurs reflets dans l’eau ou sa ‘Street Crédibility’ dans l’exposition collective “Des marches, démarches’ au Frac PACA.

Installation Au jour le jour de Franck Scurti © Photo Christel Scurti

“Au jour le jour”

Sur l’invitation du Grand Palais à Paris,  Franck Scurti a établi son atelier dans la Grande Nef ce jusqu’au 23 août., avec une exposition-projet ‘qui annonce clairement la couleur : Au jour le jour’.

En rompant avec les habitudes du lieu, c’est un vrai défi que s’est lancé l’artiste qui dans cet anti ‘Monumenta’, sous cette verrière démesurée, il passe après le gigantisme et le spectaculaire des œuvres d’ artistes tels que Anish Kapoor ou Anselm Kiefer.

Cette fois-ci avec Franck Scurti, il n’y aura pas un jour pareil. Il présente un ‘work in progress’, un jeu de construction, une création d’œuvres en mouvement quotidien sans projet prédéterminé. Il y tresse des débris mais aussi veut, dit-il ‘faire tomber le ciel par terre’ et travaille sur des flaques de ciel (en affiches) au sol, tout cela dans un environnement de cages d’oiseaux qui enferment des constructions ‘à la Scurti’.

A vivre… au jour le jour.

Pour suivre Franck Scurti

A découvrir, son œuvre permanente à Paris : La Quatrième Pomme
Instagram : @franckscurti –

Expositions en cours

Sa galerie : Michel Rein, Paris & Bruxelles 

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