Les bijoux haute couture d’Éléonore de Laitre

Dessinatrice au parcours atypique, Éléonore de Laitre vient de lancer sa propre marque de joaillerie. Sa première collection est un hommage original et surprenant à… la couture !

Les bijoux haute couture d’Éléonore de Laitre

Dans son atelier du 7ème arrondissement, Éléonore de Laitre donne vie à ses bijoux sous forme de gouachés. Photo © Lanade

Rien ne prédestinait cette jeune femme originaire de Bordeaux à devenir créatrice en joaillerie. Et pourtant. Nichée en plein cœur du très sélect 7ème arrondissement de Paris, Éléonore de Laitre vient de lancer sa propre marque. Cette autodidacte, passée par le studio de création haute joaillerie de la Maison Van Cleef & Arpels, imagine des bijoux, dessine des gouachés, puis fait réaliser bagues ou bracelets de son cru par un atelier parisien. Avec une ligne directrice : l’excellence. « Un bijou est un objet chargé d’émotion, qui sera souvent transmis, explique cette inconditionnelle de Cartier, pour sa force et son élégance. Il doit pouvoir durer dans le temps. Pour cette raison, toutes mes créations sont conçues dans l’optique d’allier finesse et solidité. Les bracelets sont en or plein par exemple ». De même, elle conçoit les bijoux comme de petits objets d’art à part entière : ils doivent pouvoir être regardés de tous côtés et être beaux sous toutes leurs coutures. Et si elle aime aller à l’essentiel, elle n’en délaisse pas pour autant les détails. Ses bijoux sont ainsi lovés dans de petits écrins en cuir, qu’elle a elle-même dessinés et qui sont confectionnés manuellement par l’un des derniers gainiers français.

Les bijoux haute couture d’Éléonore de Laitre

Fabrication des écrins – Les fers en roulette pour les frises. Photo © E. de Laitre

Les bijoux haute couture d’Éléonore de Laitre

La première collection d’Éléonore de Laitre, lancée fin 2017, est un hommage à la couture. Photo © E. de Laitre

Un attachement à la pérennité des choses

Pour Éléonore de Laitre, les bijoux doivent conter une histoire. Sa première collection, Couture, lancée fin 2017 se veut donc un hommage au savoir-faire et à la transmission. À l’excellence. « Cela faisait un moment que j’avais cette idée en tête, indique la conceptrice. J’ai créé et dessiné la bague Aiguille en 2009, car je suis fascinée par l’histoire et la longévité de cet outil. Il a été conçu il y a plus de 30 000 ans et n’a pratiquement pas évolué depuis. C’est extraordinaire. C’est un objet chargé d’histoire, un symbole du savoir-faire ». Le reste de la collection naît facilement. Elle décline l’Aiguille en différentes matières, or gris, or jaune, or rose, avec ou sans diamants « de haute qualité » ; en double puis en bracelet. Elle se penche ensuite sur le pendant de l’aiguille : la bobine. « Là, ça a été un peu plus compliqué, avoue la jeune femme. Il a d’abord fallu que je comprenne comment le fil est enroulé, pour pouvoir ensuite le styliser. » Elle doit également intégrer les contraintes techniques. Quelques cires 3 D plus tard, la bague Bobine est créée.

Les bijoux haute couture d’Éléonore de Laitre

La bague Dentelle peut se porter de quatre manières différentes. Photo © E. de Laitre

La bague Dentelle complète la collection. Pour l’imaginer, Éléonore de Laitre est partie d’un morceau de dentelle qu’elle a dessiné, simplifié, décliné. Cela donne une bague fine et originale quatre en une, en diamants et or gris, modulable à l’envie.

D’ici quelques mois, d’autres créations viendront très certainement étoffer cette collection. Éléonore de Laitre a notamment dans ses tablettes des créations inspirées de passementerie, de tissage… Tout un programme !

 

Les bijoux haute couture d’Éléonore de Laitre

Eléonore de Laitre puise son inspiration dans son environnement, et plus particulièrement dans la nature. Elle est ici partie du vol des oies sauvages pour dessiner ce bracelet. Photo © E. de Laitre

Un parcours pour le moins atypique

Des vêtements, des chapeaux, des sacs, des boîtes, de la déco,… Éléonore de Laitre crée toutes sortes d’objets depuis toujours. Pourtant, après son bac, c’est vers la faculté de pharmacie qu’elle se dirige, afin de satisfaire ses parents. Sept ans plus tard et son doctorat en poche, elle s’inscrit à l’IBSM, une école de mode à Bordeaux, « car la joaillerie, me semblait inaccessible », avoue-telle. À l’issue de sa formation de deux ans, elle entre comme styliste dans une maison spécialisée en lingerie haut de gamme. Une expérience riche, qui lui permet de toucher à tout, du dessin de la collection au sourcing des tissus tout autour du globe.

Après cinq années dans la mode, elle décide de se tourner vers ce qui l’attire depuis toujours : la joaillerie. Elle est alors embauchée chez Van Cleef & Arpels où elle apprend à construire un bijou, appréhende les contraintes techniques, affine sa technique du gouaché et retrouve la quête de l’excellence. Puis elle se lance à son compte : elle travaille à ce jour en free lance pour les plus grandes maisons de joaillerie. Et puise son inspiration tout autour d’elle : un vol d’oies sauvages, une balustrade, le mouvement d’une robe…