En Alsace, du vin au Qi Gong et réciproquement

Avec son cousin Frédéric, Philippe Blanck dirige le domaine familial de Kientzheim en Alsace. Le hasard de ses voyages lui a fait découvrir le Qi Gong. Aujourd’hui il met cette discipline au service du vignoble alsacien.

« J’ai découvert le Gi Gong par hasard, au Japon » explique Philippe Blanck, vigneron de père en fils à Kientzheim (Haut-Rhin) depuis 1610. Première surprise puisque le Gi Gong est né en Chine. Il poursuit donc : « En voyage, je suis un habitué des insomnies dues au décalage horaire. Une fois, au Japon, incapable de dormir, j’ai regardé par la fenêtre et découvert des gens qui pratiquaient dans un parc. J’ai essayé de faire les mêmes gestes ».

La maîtrise de l’énergie vitale

Pris au jeu, il pratique depuis assidument ce qu’il appelle un « art énergétique fondé sur la connaissance et la maitrise de l’énergie vitale ». Diplôme de moniteur bénévole en poche, il initie des visiteurs tentés par une approche différente du vin.

En Alsace, du vin au Qi Gong et réciproquement

Phlippe Blanck maître de Qi Gong dans les vignes de Kientzheim ©Isabelle Bachelard

A l’écoute du vignoble

Lorsque vous arrivez avec lui au-dessus de la vallée de Kientzheim-Kaysersberg, vous êtes d’abord subjugué par les lieux. Une vue à 300° que vous percevez différemment dès lors que vous écoutez ses conseils, à commencer par prendre le temps de respirer. C’est simple mais cela change tout. Ensuite il vous indique des mouvements et vous les reproduisez. Plus ou moins bien, peu importe. Selon sa morphologie et l’appréhension que chacun a de son corps, les variations sont absolument normales. L’important est de laisser circuler l’énergie, de percevoir la force du paysage et des terroirs par l’intérieur, les pieds bien ancrés dans le sol.

En Alsace, du vin au Qi Gong et réciproquement©Isabelle Bachelard

A la cave de Kientzheim

De retour à la cave, les visiteurs dégustent d’une autre façon. « Des images et des émotions les touchent. Ils sentent que cette expérience est juste » précise Philippe Blanck, qui organise aussi des dégustations en accord avec la cuisine Thaï. Le domaine Paul Blanck couvre 35 ha, travaillés dans le respect du sol et de l’homme, avec enherbement et labours, amendements et traitements raisonnés. Les deux tiers des vignes donnent des vins de fort caractère, car issus de terroirs classés grand cru comme Schlossberg et Furstentum, ou lieux-dits comme Patergarten et Rosenbourg. Ils gagnent à vieillir, tel le Furstentum 1997 aujourd’hui à son apogée d’intensité et d’équilibre. Le domaine élève longuement les vins et propose un choix de millésimes à la vente. Pour les débutants et les budgets plus limités, la palette de vins « de plaine » est pleine de charme.

En Alsace, du vin au Qi Gong et réciproquement©Isabelle Bachelard