Foires aux vins de rentrée 2018 : surtout pas d’affolement (I)

Pendant que les vignerons se démènent à rentrer les meilleurs raisins possibles, les commerçants s’affairent à proposer un maximum de bouteilles à des consommateurs pas toujours très assoiffés. A défaut d’affaires irrésistibles, les foires aux vins proposent des flacons qui méritent l’attention. Singular’s a sélectionné de belles opportunités.

Un décryptage nécessaire d’un phénomène de consommation de masse

Il ne faut pas se leurrer, les foires au vin ne sont pas faites pour ne proposer que des « affaires extraordinaires » aux consommateurs. Elles ont été créées pour faire face à des lots excédentaires aux débuts des « supermarchés » dans les années 1970. Depuis elles sont devenues un produit d’appel obligé de la grande distribution pour faire (re)venir les vacanciers dans les rayons. En faisant parler du vin, on attire les clients,  notamment ceux qui ne viennent pas systématiquement le reste de l’année. Et s’ils viennent pour le vin, ils achètent en même temps d’autres produits. La boucle est bouclée.

Foires aux vins de rentrée 2018 : surtout pas d’affolement (I)

Magasins U, Ambition © DR

Un rendez-vous d’opportunités

Ce rendez-vous éminemment commercial a toutefois un avantage pour le consommateur : le choix proposé est toujours plus vaste et/ou plus intéressant en foire au vin que sur les rayons le reste de l’année. Ceci vaut pour la grande distribution, depuis longtemps suivie par les cavistes – qui n’avaient pas le choix pour se maintenir sur le marché – puis par les sites internet. Certains profitent de la foire au vin pour tester de nouveaux vins sur leur clientèle, d’autres y vendent des cuvées disponibles en petite quantité qu’ils ne pourraient pas maintenir au catalogue à l’année. Il y a aussi quelques flacons rares ou plus anciens qui sortent juste pendant cette période, histoire de faire craquer l’amateur.

Foires aux vins de rentrée 2018 : surtout pas d’affolement (I)

Un blanc parfumé du Languedoc (sélectionné chez Lidl). Photo © Isabelle Bachelard

Parmi les enseignes où il nous semble le plus courant de trouver facilement des vins tentants, il y a Millésimes, pour ses très grands noms introuvables, Wineandco qui propose un très vaste choix, Monoprix qui élargit à l’occasion sa sélection déjà intéressante à l’année, Le repaire de Bacchus et Lavinia qui surprennent toujours avec quelques flacons originaux, Le Petit Ballon et Vente-privee qui rattrapent rapidement leurs ainés. Une étude un peu plus poussée des catalogues est nécessaire pour faire de bons achats chez Intermarché, Carrefour, Auchan supermarchés/hypermarchés, Leclerc, Magasins U etc. et chez les bio Biocoop et Naturalia.
Aller vite demeure la règle d’or si vous voulez profiter d’un choix maximum, certains vins sont là pour attirer et ne sont pas disponibles en grande quantité.

 

Foires aux vins de rentrée 2018 : surtout pas d’affolement (I)

FAV chez le caviste Le Repaire de Bacchus. Photo © Isabelle Bachelard

De bonnes bouteilles pour tous

En blanc

Pouilly-Fuissé 2016, Domaine Saumaize « sur la Roche »
La Bourgogne du sud à son meilleur, un vin fin, net, au joli nez de noisette, à la bouche ferme. A boire ou à garder. Rapport qualité/prix/réputation excellent.
18,14 € (au lieu de 20,16 € au catalogue), Millésimes

IGP Pays d’Oc 2017 Bastide Miraflors
Un somptueux assemblage de muscat et de viognier, dans les mains d’un vigneron de talent, donne ce vin sec, délicieusement parfumé, qui évoque le raisin et l’abricot. La bouche n’est pas trop puissante. Facile à boire à l’apéritif et avec les entrées.
6,49 € LIDL

En rouge

Terrasses du Larzac Languedoc 2015 le Mas de l’Ecriture « L’émotion »
Un grand terroir du Languedoc vu par un domaine qui a fait ses preuves Délicat, floral, pas trop chaleureux, un rouge ensoleillé qui sait rester frais. Long en bouche, avec un très joli grain.
14,50 € (au lieu de 17 €) Le repaire de Bacchus .

Domaine Usseglio Les Amandiers Vin de France
Pas d’appellation contrôlée, mais le Rhône parait d’emblée dans cette cuvée colorée, très parfumée, qui évoque la garrigue de Châteauneuf-du-Pape (le bastion de Raymond Usseglio). Equilibre et profondeur formidables, finale magnifique.
5 € Vente-privee

Foires aux vins de rentrée 2018 : surtout pas d’affolement (I)

Un sec et un moelleux, deux vins aromatiques du Languedoc et du Sud-Ouest. Photo © Isabelle Bachelard

Des petites folies pour les connaisseurs

Parmi les vins intéressants que nous avons pu déguster, il y a des raretés, des vins qui sont souvent difficiles à trouver et sur lesquels l’amateur se précipitera avec plaisir.

En blanc

Puligny-Montrachet 2015, Domaine Ramonet
Un des meilleurs producteurs de la Côte de Beaune, domaine mythique à découvrir. Ample, très gras, avec une jolie texture, un grand à garder pour qu’il affirme sa complexité.
54 €, Millésimes

Condrieu « Les Chaillées de l’Enfer » Domaine Georges Vernay
Le domaine qui a sauvé l’appellation Condrieu, à goûter au moins une fois dans sa vie. Parfumé, moelleux, nuancé, une évolution de chaque instant dans la bouche, avec une finale fraîche qui se prolonge sur des notes de pêche.
76 € (au lieu de 95 €) Le repaire de Bacchus

En rouge

Santenay 1er cru Maladière 2016 Domaine Lucien Muzard
Toute la finesse du terroir de ce cru du sud de la Côte de Beaune. On n’y cherche pas une couleur profonde, mais on y trouve une élégance aromatique, une attaque en bouche nuancée, une structure fine et un grain incomparable. Quelle allure !
24 € Vente-privee

Château Léoville-Las-Cases 2015 grand cru classé Saint-Julien
Pas vraiment donné, mais si on veut goûter un très grand vin du Médoc, celui ci mérite qu’on casse sa tirelire. Saint-Julien au meilleur de sa forme, parfums sobres, fruit délicat doublé de notes de cèdre, intensité remarquable, équilibre idéal. Et une longueur !  Il vaut mieux choisir le moment, pas trop proche, pour l’ouvrir et surtout les personnes qui le partageront et sauront apprécier.
193,20 € (au lieu de 210 €) Millésimes