Gastronomie

Le Canard des rizières associe la riziculture agrobiologique et la gastronomie du canard

Auteur : Patricia de Figueiredo
Article publié le 15 avril 2020

[Le monde d’après existe déjà] Au cœur de la Camargue, Bernard Poujol pratique la culture biologique du riz rouge et semi-complet, grâce à ses canards mulardes. Il s’est inspiré d’une technique ancestrale venue du Japon qui combine respect de l‘environnement et productivité. Cette démarche exemplaire permet aussi des magrets d’exception.

Bernard Poujol s’appuie sur 1 000 canetons sur nos 20 hectares pour renouer avec la riziculture ancestrale venue du Japon. Photo © Laurent Tesseire

 

Comment est née cette idée de cultiver du riz bio avec des canards ?

J’ai, pendant 20 ans, exercé comme chef de culture dans de grandes exploitations conventionnelles de riz. Mais de plus en plus, je ressentais une culpabilité à utiliser des pesticides surtout en Camargue, un biotope particulièrement fragile. En 2006 avec mon épouse, nous avons acquis un domaine. J’étais convaincu que nous pouvions inventer une technique sans pesticides qui permettrait de se débarrasser des mauvaises herbes qui poussent en même temps que les graines de riz.
La solution est venue de mon fils qui, en voyage au Japon, a vu de la fenêtre du train, des canards dans les rizières. Nous avons ainsi décidé d’adapter le savoir-faire du japonais Takao Furuno pionnier dans ce domaine.

Une technique ancestrale chinoise popularisée au Japon

« Le riz au canard » est une technique de production biologique conceptualisée depuis 1988 par Takao Furuno dans son village de Teisen après dix années de tâtonnements sur l’île de Kyushu au sud de l’archipel. Souvent présenté comme son inventeur, celui qui reconnait volontiers que la lecture « Le Printemps Silencieux » de Rachel Carlson a bouleversé sa vie, préfère rappeler que la technique existe depuis plus de 700 ans en Asie, et qu’elle se retrouve même dans de nombreuses estampes. Elle prouve surtout que cette méthode naturelle combinée permet aux agriculteurs de doubler leurs revenus, et d’améliorer la productivité de leurs rizières de 30%. Sans surprise, le premier best-seller tiré de cette aventure exemplaire est intitulé en 2001 « Le pouvoir du canard », suivi dix ans plus tard de « La révolution du canard » !

Le canard de rizière permet une riziculture sans pesticide. Photo © Laurent Tesseire

Existe-t-il une différence entre ce qui se pratique au Japon et en Camargue ?

Au Japon, ils repiquent le riz sur une terre déjà nettoyée. En Camargue, sur l’exploitation nous semons le riz à sec et introduisons l’eau et les canettes un mois après le semis.
Nous déposons donc 1 000 canetons sur nos 20 hectares qui ont le même âge que les graines pour que le riz soit déjà sorti et résistant aux passages des pattes des volatiles.
Nous arrivons à atteindre les mêmes résultats en tonnages que l’agriculture conventionnelle et progressons chaque année.

Quelques produits très demandés du catalogue Canard des Riziéres © DR

Que faites-vous des canards une fois leur mission accomplie ?

Chaque semaine en hiver, nous en prélevons un certain nombre qui part à l’abattoir et qui sera vendu frais ou en conserves. Nous commençons à les nourrir en hiver mais pas totalement pour qu’ils prélèvent des nuisibles (pyrales, écrevisses…). Ils contribuent dans leurs pérégrinations à enfouir la paille de riz. C’est un cercle vertueux.

autre extrait gourmand du catalogue du Canard des Rizières © DR

Quelles sont vos relations avec Transgourmet, le grossiste alimentaire de référence en vente livrée ?

Ils nous ont repéré dans leur quête de produits de qualité et ont souhaité que nous intégrions leurs réseaux. Je les fais entrer dans l’agrobiologie et, pour notre part, nous avons accès à un réseau de distribution. Nous rencontrons des chefs étoilés, sommes invités à des salons tels Omnivore ou Equiphotel. C’est un échange gagnant-gagnant.

Où trouvez les produits bio du Canard des rizières

Takao Furuno
Ferme familiale de canard Furuno, 820-0603 Fukuoka Kaho-gun Katsura-cho

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