Gastronomie

Plus qu’une terrasse où être vu, Les Deux Magots mérite d’être apprécié pour sa cuisine

Auteur : Patricia de Figueiredo
Article publié le 10 février 2022

Il est des lieux qui font tellement partie du paysage parisien qu’on en oublie d’y entrer vraiment. Mythique temple germanopratin littéraire et touristique, Les Deux Magots se révèle être mieux qu’une terrasse au soleil pour être vu. Dirigée par Catherine Mathiviat, la brasserie appartient toujours à la même famille depuis plus d’un siècle et présente une cuisine de tradition qui sait se tenir. Un plaisir des papilles à ne pas bouder.

Mythique, la terrasse des Deux Magots sur la place Saint Germain des Prés Photo Deux Magots

Piège à touriste ?

Un quartier toujours vibrant, une terrasse au soleil sur la place de Saint-Germain-des-Prés, des clients illustres, une réputation bien au-delà des frontières et des modes, les atouts des Deux Magots sont indéboulonnables. Et font l’attractivité touristique du lieu
Et alimente une suspicion sur la qualité de la cuisine entretenus par les snobs du fooding qui ne se donnent pas le temps de s’y attabler.
Levons d’emblée le doute, la cuisine et le service sont (bien) à la hauteur du cadre.

Le mythe vaut aussi pour sa cuisine

La saviez vous ? L’enseigne des Deux Magots vient des deux statuts chinoises qui ornaient l’entrée d’un marchand de soies Photo Deux Magots

Banquettes rouges, boiseries, lustres, belles tables en acajou – quoiqu’un peu petites – l’âme du lieu demeure et envoute.  Et chose rare, l’un des derniers vendeurs de journaux à la criée compte encore dans le décor (en dépit du kiosque à quelques mètres !

Deux statues asiatiques qui gardent l’entrée du pilier central depuis plus de 100 ans. En effet cette institution parisienne est l’ancêtre d’un bâtiment datant de 1813 un magasin de soieries qui tient son nom d’une pièce à succès, « Les deux Magots de la Chine ». En 1884, l’enseigne devient un marchand de vin.
Les maisons d’éditions, les théâtres commencent à s’installer : Grasset, Gallimard, la naissance du théâtre du Vieux Colombier. C’est en 1914 que la famille actuelle s’installe dans les murs. Auguste Boulay fait de son café un endroit pour voir et être vu. Toutes les artistes de l’époque s’y retrouvent que ce soit Verlaine, Mallarmé, Foujita, Alfred Jarry ou Oscar Wilde.

Depuis des décennies, l’élan ne se dément pas.

1er Jury du Prix des Deux Magots, décerné en 1933 Photo © Collection privée Les Deux Magots

En 1933 se créé Le Prix des Deux Magots (en concurrent direct du Goncourt) qui est décerné, pour sa première édition, à Raymond Queneau pour « Le Chiendent ». Après la guerre, le restaurant embarque la fureur de Saint-Germain-des-Prés, où littérature, philosophie et jazz ne font qu’un. Sa renommée passe les frontières, une version Les Deux Magots s’ouvre à Tokyo dans le centre culturel du Bunkamura à la fin des années 80.

Contre vent & marées, l’institution traverse le temps jusqu’à Catherine Mathivat, arrière-petite-fille du fondateur qui depuis 2012 entretient le mythe en n’oubliant pas de maintenir la restauration au meilleur niveau sans céder ni aux modes ni aux illusions étoilées dans la continuité de son père..

La carte signe des classiques 

Le Saumon cuit à point est l’un des plats Signatures des Deux Magots Photo Patricia de Figueiredo

Fruits de mer, salade de lentilles vertes du Puy aux lardons, œuf bio mollet, … Les tartines déclinées sous plusieurs formes. Les plats ‘signatures’ reste la blanquette de veau, le saumon cuit à point et ses petits légumes, tout comme le roastbeef froid n’ont pas à rougir. Enfin, ne pas manquer le plateau de pâtisseries qui reste une institution que ce soit le Paris-Brest de la grande épicerie ou l’Ispahan rose framboise &litchi de Pierre Hermé.

Carte des vins
Classiques mais bien choisis : Riesling Les Princes Abbés, Dom. Schlumberger, Rully rouge AOC, Domaine Belleville Les Chauchoux, Crozes Hermitage AOC, Les Chênets.

Renouer avec ses racines festives

Ispahan de Pierre Hermé est sur la carte Photo Patricia de Figueiredo

Des activités culturelles sont proposées en rapport avec l’histoire du lieu : le Lundi des Écrivains, ou les soirées Jazz du jeudi pour renouer et prolonger l’ esprit festif si présent dans ses murs sans oublier les deux Prix littéraires hébergés Pélleas et Apollinaire.

Décidément, il y a une bonne raison pour franchir le seuil des Deux Magots.

Pour suivre Les Deux Magôts

Les Deux magots

6, place Saint-Germain-des-Prés – 75006 Paris – Tél. : +33 (0)1 45 48 55 25

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