Ifly : Le rêve de cata volant de Michael Miller

Ifly est un délire absolu de bateau volant. Ce joyau de la haute technologie démocratise la navigation sur foils. En format de poche (15 pieds) il offre des sensations incomparables à tout le monde… Ou presque. A condition de savoir piloter un catamaran.

Michael-Ernst Miller, ingénieur bavarois, dingue de catamaran jubile. Après trois années de labeur et de recherches, son rêve personnel de bateau volant est à quai. Et OK !  Ifly est parfaitement au point. Prêt pour le décollage. La haute technologie embarquée permet à des navigateurs, disons de niveau moyen, de tutoyer le bonheur au-dessus des vagues grâce à l’utilisation des foils.

Ifly : Le rêve de cata volant de Michael Miller

L’assiette du Ifly se maintient dans les deux dimensions.

La navigation sur foils à portée de tous

« Aujourd’hui, avec Ifly il n’est plus nécessaire d’être un grand barreur, pour naviguer sur foils, même d’être un athlète olympique. Le calculateur que nous avons mis au point fait le travail pour piloter automatiquement les foils et maintenir parfaitement l’assiette dans les deux dimensions. Cela permet de se concentrer sur la navigation et sur son propre plaisir de l’instant quand on vole littéralement au-dessus des vagues » s’enthousiasme Michael, qui a fini par affaler les voiles de son bureau d’études aéronautique (Digital Vision sous-traitant de BMW et d’Airbus) près de Munich pour concevoir et usiner son rêve de catamaran volant. Liane son épouse signe le design de l’esquif en bête de course, légère comme une plume (90 kilos) et racée pour augmenter le plaisir de naviguer.

Deux ingénieurs aéro sont dans un bateau. Personne dans l’eau !

Chemin faisant, au gré des bassins, Michael a croisé la route du toulousain Gilbert Saint Blancat, lui-aussi ingénieur aéron. Retraité de la direction générale de l’armement, Gilbert est réputé sur les plans d’eau pour sa capacité à concevoir des bateaux de régate très agiles et rapides pour des exigeants du niveau de Marc Pajot. Les deux aéro-complices ont mis au point un foil articulé en s’inspirant des volets d’une voilure aéronautique. Le génie technologique de Michael a permis d’ajouter un calculateur électronique ultra-perfectionné pour piloter les foils en temps réel et ainsi maintenir l’assiette avec une bluffante stabilité. Les palpeurs de vagues sont situés à l’avant de l’étrave pour anticiper la récupération des données, intensité, vitesse et rythme des vagues notamment. « Par rapport au modèle présenté en France au printemps 2017, nous avons encore amélioré la finesse du pilotage et désormais on peut embarquer à deux sans être anorexiques puisque le plafond des 140 kilos à ne pas dépasser pour pouvoir décoller est aujourd’hui totalement caduque » poursuit le navigateur-inventeur de ce catamaran de poche qui permet une mise à l’eau en solitaire.

Ifly : Le rêve de cata volant de Michael Miller

Gilbert Saint Blancat et Michael-Ernst Miller tenant le foil articulé, inspiré de l’aéronautique

L’envol dès force 2

Détail impressionnant, le catamaran est capable de décoller à partir de force 2 et sa position sur les foils très au-dessus du plan d’eau (1 mètre) lui permet d’oublier les creux et de maintenir sa vitesse, même sur une mer formée.  Depuis le printemps 2017, Ifly a fait sensation et suscité la curiosité sur les plans d’eau de Hyères, de Murcia, du lac de Garde et de Suisse. Et les pionniers, qui ont réussi, sans trop d’effort à faire du tapis volant au-dessus des vagues sans avoir à se cogner le clapot, parlent d’une pratique sportive addictive tellement le plaisir est grand de savourer l’instant du vol. En pleine conscience !

L’incroyable casting continental de Ifly

Pour  faire décoller Ifly, le casting technologique réalisé par le « bavarois volant » est européen. La conception, on l’a compris est allemande avec participation française. Les poutres  sont fabriquées à La Rochelle, les voiles en Hongrie, le mât en Autriche et au Pays-Bas, les foils en Angleterre. L’assemblage final se fait désormais  dans une usine de Porto (Portugal) au rythme actuel d’un bateau par semaine depuis  février dernier. Pour gagner en rigidité et en légèreté, Michael Miller a largement fait appel au carbone  et à la technique d’infusion VAP  pour l’imprégnation de la résine Epoxy des coques en exploitation d’un brevet d’Airbus.