J.P. Tod’s Sartorial : des souliers patinés à l’ancienne, un « must » du luxe

Retour aux origines pour la Maison Tod’s… Le très sélect chausseur italien a renoué avec la plus pure tradition de la botterie en lançant une ligne de souliers masculins haut de gamme, faits main, selon des méthodes artisanales. J.P. Tod’s Sartorial, c’est son nom, a repris les initiales de son ancienne identité de marque, et une technique de traitement du cuir qui donne aux modèles un raffinement tout singulier.

J.P. Tod’s Sartorial  : des souliers patinés à l’ancienne, un « must » du luxe

Modèle de la gamme J.P. Tod’s Sartorial. Photo © Maison Tod’s

Il est plus aisé de s’inscrire dans un futur en étant dépositaire d’une histoire que l’on renouvelle, en anticipant les attentes d’amateurs ayant besoin d’enracinement. Encore faut-t-il, pour cela, avoir des fondements de marque qui puissent traverser le temps. Cette maxime s’applique, à n’en pas douter, à l’univers du luxe. Du moins pour les entreprises qui privilégient l’artisanat.

Entre tradition et modernité

Si le cuir fait partie de l’ADN de la marque Tod’s, l’entreprise porte aussi dans ses gènes la culture de la transmission du travail artisanal et des valeurs qui y sont associées. Ses fondamentaux se retrouvent dans la dernière ligne de chaussures J.P. Tod’s Sartorial. Comme pour l’ensemble des produits (chaussures, maroquinerie) qui sortent des ateliers Tod’s de Casette d’Eté dans les Marches, les cuirs sont sélectionnés, sur place, avec soin, par des spécialistes maison dans les plus belles peaux de veau, d’agneau, d’autruche, de python, de lézard ou encore d’alligator. Mais les phases finales de traitement du cuir des J.P. Tod’s Sartorial font l’objet d’un soin particulier.

J.P. Tod’s Sartorial  : des souliers patinés à l’ancienne, un « must » du luxe

Les peaux, minutieusement sélectionnées, sont imprégnées manuellement d’encre. Photo © Maison Tod’s

Une patine traditionnelle d’un rendu exceptionnel

Chaque peau qui servira de matière vivante au modèle J.P. Tod’s Sartorial est lentement imprégnée manuellement d’encre. L’artisan maison passe ensuite des heures de travail à patiner, dans un mouvement circulaire, les pièces qui constitueront le soulier. Après une première couche et un séchage de 24 heures, une deuxième couche de patine et à nouveau un séchage, le cuir est prêt pour être coupé et assemblé. Commence alors la phase finale de polissage du cuir, réalisée de façon traditionnelle. Au total, plusieurs jours seront nécessaires pour arriver à un rendu d’un moiré mat d’une exceptionnelle élégance. La « signature » du travail manuel est lisible car la couleur des souliers n’est pas uniforme, ajoutant ainsi de la profondeur aux jeux de lumières qui font vivre naturellement la pièce. Résultat, les modèles J.P. Tod’s Sartorial séduisent les hommes sensibles au raffinement, mais toujours en quête d’élégance décontractée.

J.P. Tod’s Sartorial  : des souliers patinés à l’ancienne, un « must » du luxe

Dernière phase, le polissage manuel du soulier. Photo © Maison Tod’s

Une réussite fondée sur l’innovation et les valeurs artisanales

La Maison Tod’s fait partie aujourd’hui des quelques rares entreprises de produits de luxe de renommée internationale encore familiale, et qui doit notamment son succès à son sens de l’innovation. A l’origine il y a, en 1920, un atelier de cordonnier créé par Bernardo-Filippo Della Valle, à Casette d’Eté, dans les Marches, sur la côte adriatique.
Dans les années 1940, Dorino Della Valle, son fils, fonde une manufacture de chaussures qui va notamment travailler pour de grandes marques. La marque Tod’s sera lancée fin des années 1970 par Diego Della Valle, petit-fils de Bernardo-Filippo.

J.P. Tod’s Sartorial  : des souliers patinés à l’ancienne, un « must » du luxe

Le siège de la Maison Tod’s à Sant’Elpidio a Mare. Photo © Maison Tod’s

L’invention du « casual chic »

En 1978, sur une idée de Diego Della Valle, le gommino*, le mocassin aux 133 picots, est lancé. Ce mocassin va initier le monde entier au « casual chic ». Il marie en effet la gomme au cuir pour que le mocassin épouse parfaitement le pied, « comme un gant que l’on enfile » a pour habitude de dire Diego Della Valle. C’était une petite révolution à l’époque tant dans l’univers de la mode que technologiquement** puisqu’il a fallu développer des machines et des procédés qui permettent de réaliser ce mariage des matières. Poussé par le patron de Fiat, Gianni Agnelli, qui portera le modèle d’hiver lors d’une émission de télévision, ce mocassin innovateur va rencontrer un succès fou, qui ne se dément toujours pas.

* C’est à partir d’un mocassin de conduite automobile trouvé lors d’un déplacement au Etats-Unis que Diego Della Valle va imaginer et concevoir le gommino, toujours un « must » d’élégance.
**Selon le modèle, de la conception du patron, jusqu’au polissage final, en passant par la découpe des cuirs, la couture de la semelle etc. le gommino nécessite 100 étapes par soulier pour sa fabrication. Jusqu’à 35 pièces de cuir peuvent entrer dans l’assemblage d’une seule chaussure.

J.P. Tod’s Sartorial  : des souliers patinés à l’ancienne, un « must » du luxe

Laura, artisane de la Maison Tod’s marquant un mocassin – Flagships Tod’s de la rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris. Photo © Olivier Le Guay

Investir dans la transmission de savoir-faire

Tod’s doit aussi sa réussite à son attachement à l’artisanat et aux valeurs qui vont avec, et qui définissent l’essence même du luxe. Un référent réaffirmé avec la ligne J.P. Tod’s Sartorial. Les chaussures Tod’s sont ainsi toujours fabriquées par des artisans maison, en Italie, donc localement. Une partie de la valeur produite par l’entreprise demeure donc sur place. La société investit ainsi énormément dans la transmission de savoir-faire artisanal. En 2012, la famille Della Valle a ainsi fondé une école d’apprentissage aux métiers de la chaussure. Les apprentis, devenus artisans bottiers au terme d’un parcours de formation de plusieurs années, intègrent ensuite la Maison Tod’s.