La Maison Crivelli invente le slowperfume

Fondateur de sa maison de parfums, Thibaud Crivelli souhaite valoriser les 5 sens pour appréhender la vie. Le parfum doit capter une expérience vivante de haute sensorialité. En découle un état d’esprit créatif et responsable qu’il qualifie de « slowperfume ».

Une approche différente de la parfumerie et des sens

Pour Thibaud Crivelli, dans les parfumeries ou les corners des grands magasins, les marques « classiques » de parfums – même de niche – abordent le plus fréquemment les clients en jouant sur leurs propres référents historiques : la couture pour Dior ou Bulgari, ou encore la joaillerie pour Van Cleef. Un autre approche consiste à retranscrire des odeurs inspirées de grands sites emblématiques ou de lieux géographiques à forte capacité d’évocation comme les souks de Marrakech ou les cerisiers en fleurs de Kyoto. Dans parler de parfums de personnalités des arts !

L’émotion par résonances entre textures, sons, saveurs et odeurs

« Ces approches de la parfumerie, insiste Thibaud Crivelli, font que le consommateur perd toute émotion et toute émotivité en sentant l’odeur ». Ce globe-trotter actif – plus de 10 ans passé en Asie – souhaite lui nous emmener zigzaguer à moto entre les cacaotiers, nous faire respirer une rose à 60 mètres de profondeur, traverser un champ de safran dans un désert enneigé ou encore nous faire déguster du « café épicé sur un volcan en éruption ». Des expériences olfactives hors du commun, tirés d’expériences vécues dans ses périples lointains, et suscitées via des créations parfumées qui mettent en résonance textures, sons, saveurs et odeurs. Un esprit de partage anime donc ce nouveau parfumeur qui tire une partie de ses essences de ses propres réminiscences pour nous inciter au voyage.

La Maison Crivelli invente le slowperfume

Le flacon Maison Crivelli est sobre sans artifice pour valoriser le jus. Photo © Souk and Pix

Une expérience olfactive singulière

Au-delà des voyages et de la découverte de l’étranger qui s’inscrit dans son histoire familiale, Thibaud Crivelli cherche son inspiration dans la profondeur de l’être : « Découvrir un parfum est une expérience très personnelle, mystérieuse, incomprise du voisin, potentiellement mystique, toujours singulière et inédite » dit-t’il. Sensible et sensuel, curieux de tout, il perçoit le parfum comme un carrefour d’échange des sens (odorat, goût, toucher, vue, ouïe) touchés par des matières premières naturelles, source de véritables expériences émotionnelles – comme un éveil à la vue d’un paysage, une émotion à la découverte s’un objet d’enfance. Autant d’événements qui créent en chacun de nous une sensation olfactive singulière. Dixit Thibaud Crivelli, le « pschitt » d’un parfum lors de sa vaporisation et le bruit afférent doit « surprendre en premier lieu. Il revient ensuite au vendeur d’accompagner le client dans sa propre découverte sensorielle et sensuelle du jus ».

La Maison Crivelli invente le slowperfume

Bois Datchai de la Maison Crivelli Photo © Souk and Pix

Un travail de création olfactive

De ces émotions glanées au fil de la vie, naissent des jus retranscrits par les nez maison : Dorothée Piot, Richard Ibanez, Bertrand Duchaufour, Stéphanie Bakouche. Car chose assez rare, le maître des lieux connait ses propres limites et reconnaît ne pas avoir les bases techniques suffisantes pour la création. A ses nez donc le rôle délicat de révéler l’expérience vécue, de « coucher  la fragrance » qui « encapsulera » le vécu hautement sensoriel de Thibaud Crivelli. Il faut pour aboutir à un résultat probant des mois de recherches, et d’échanges. Et le résultat est probant et enivrant.

La Maison Crivelli invente le slowperfume

Fleur Diamantine de la Maison Crivelli Photo © Souk and Pix

Des fragrances où « chacun devient acteur de sa découverte personnelle »

Certes on pourrait parler du Boisé fruité (cassis, bois fumés en écorces et copeaux) de Dorothée Piot, Bois Datchaï ou du floral vert (menthe, mousse, néroli, jasmin)) de Bertrand Duchaufour, Fleur Diamantine. Mais deux jus, Rosa Saltifolia et Santal Volcanique, ont surtout retenu notre attention ; car ils sont autres que les floraux et les épicés boisés travaillés en parfumerie classique. Sa fragrance Rose Saltifolia n’est pas un iodé floral. La table d’exploration fait défiler sur un écran tactile les inspirations qui ont conduit à l’élaboration de l’odeur : des dunes de sel, des zestes de pamplemousse, des bougainvilliers sanguins, des embruns pétillants, un envol de flamants roses, des roses exposées au vent et aux vagues, une prairie d’algues, des vibrations cristallines. Tous ces éléments bruts défilent et au client de s’évader, de se laisser porter en humant le parfum, de découvrir le sens pour lui de ce parfum qui ne sera peut-être pas une odeur florale saline. Son jus Santal Volcanique serait décrit par d’autres comme un épicé boisé, mais Crivelli y voit et sent, lui, « les cendres acides d’un volcan lors d’une ascension à 3 700 mètres d’altitude » ou encore des nuées d’épices brûlées (santal, patchouli, vétiver) dans un village indonésien, du café séché à même le sol et du gingembre torréfié.

La Maison Crivelli invente le slowperfume

Rose Saltifolia de la Maison Crivelli. Photo © Souk and Pix

Le slowperfume comme état d’esprit

De cette approche différente et singulière de « sa » parfumerie est né ce que Crivelli nomme le « slowperfume », une beauté sans artifices (avec une formulation ‘safe’ bien sûr) qui permet de prendre le temps de mieux percevoir le jus pour lui donner un sens, le vôtre. Pas de fioritures inutiles sur les emballages mais un flacon qualitatif et sobre tout comme l’est la Nature à l’état brut. Aucune formulation avec phtalates et colorants mais une galénique issue de matières premières provenant de plantations sélectionnées dans le cadre d’un développement et responsable et durable.

La Maison Crivelli invente le slowperfume

Santal volcanique de la Maison Crivelli. Photo © Souk and Pix