La passion du cuir à main levée…. de l’atelier O’nolan à Verzeille

Dans le petit atelier O’nolan à Verzeille, minuscule village de l’Aude, tout n’est que cuir et volupté. Et silence, à peine altéré par un mince filet de musique et par le travail à la main d’Amalvi, créatrice en maroquinerie formée à l’école de l’exceptionnel créateur Pierre Gerber. Ici, au rez-de-chaussée, c’est l’atelier zéro machine pour piquer, coudre et tailler.

Pour découper, le laser n’a pas été invité non plus, pour ne pas altérer par brûlure la tranche du cuir. Tout se fait à main levée au cutter ou au couteau comme depuis toujours. Et pour longtemps encore vu le succès des créations unique d’Amalvi Pimenta 33 ans et de son designer de père Robert Pimenta, médecin à la retraite.

La passion du cuir à main levée…. de l’atelier O’nolan à Verzeille

La créatrice Amalvi Pimenta dans son atelier ©CG

Eux deux sont animés par une même passion de l’harmonie et la beauté du travail des artisans d’art. Par l’envie de donner au monde des pièces uniques. Alors depuis 2013, ils font équipe. Robert dessine. Il propose des solutions. Amalvi conçoit, corrige et réalise. Père et fille viennent de livrer leur dernier chef d’œuvre. C’est l’habillage haute couture d’une Dame Jeanne pour Jacques Faussat, le chef gersois (une étoile) de la rue Cardinet à Paris (17e). Ladite Dame Jeanne est habillée de cuir de chèvre de Mazamet rehaussé de gommettes en lézard. Elle accueille les gourmets dans l’entrée du restaurant. Elle contient un grand Armagnac du pays natal qui ponctuera le voyage sensoriel entre cuisine moléculaire et racines du Sud-ouest.

La passion du cuir à main levée…. de l’atelier O’nolan à Verzeille

Dame Jeanne contenant un grand Armagnac

Objet sculptural, provocateur … pour surprendre

« Il nous a fallu faire du sur-mesure puisque la Dame Jeanne qui servait de base était artisanale, soufflée à la bouche avec un arrondi personnalisé. « Ce fût un travail long, minutieux mais passionnant. Il fallait transformer le contenant en objet sculptural, provocateur sans doute, attiser la curiosité et surprendre » explique Amalvi. La jeune histoire d’Onolan est déjà jalonnée d’œuvres impérissables, de sacs à main unique dont on peut choisir la matière, la couleur, dessiner la forme et l’agencement. Les cuirs viennent tous de chez Allerand à Mazamet. Cuir de chèvres qui ont gambadé dans des prés sans barbelés pour que jamais la peau ne soit abimée. Cuirs traités, colorés avec nuances à l’infini pour des accessoires de mode impossible à reproduire sans la main droite d’Amalvi et le travail des autres artisans d’exception : Anne Deschamps qui brode le fil d’or, Alain Guillot qui souffle le verre à la bouche. Ceux-là ont notamment aidé à la création d’un autre objet de d’exception. C’est une mallette de présentation du vin de Stéphane Serre du domaine de l’Amandyère considéré comme un viticulteur-joailler.

La passion du cuir à main levée…. de l’atelier O’nolan à Verzeille

Mallette de présentation du vin du Domaine de l’Amandyère

Ladite mallette entièrement cousue main sellier dans le bois de noyer est produite en série limitée et numérotée de huit exemplaires. Elle a fait sensation en présentation au salon de Macao. « Nous adorons concevoir et réaliser des projets de A à Z en mettant à contribution d’autres artisans d’art d’exception. C’est ce que nous avons fait pour la De Béthune DB29 Virtus », explique Robert Pimenta. DB29 ? C’est la commande d’une femme de Tokyo pour son mari. Celle d’une montre d’exception réalisée par les fameux ateliers suisses De Béthune avec ses écrins de présentation. Montres uniques, objets uniques pour l’éternité des deux amoureux de Tokyo. Et pour la réputation cousue-main d’Onolan. De père en fille.

La passion du cuir à main levée…. de l’atelier O’nolan à Verzeille
Le sac à main Hope en cuir de chèvre. Le mot « Hope » est brodé au fil d’or 24 carats, à la main, par le maître d’art Sylvie Deschamps (atelier Begonia d’Or). Fermeture avec deux bois (technique japonaise « shou-sugi-ban » (bois brûlé).