Mécaniques

En Morgan, rouler hier c’est rouler toujours…

Auteur : « Ce qui reste de ce qui passe » Jean-Philippe Domecq
Article publié le 10 janvier 2019 à 16 h 48 min – Mis à jour le 11 janvier 2019 à 15 h 50 min

1909 – 2019 : cela va faire 110 ans que la plus british des british cars, la Morgan, nous rappelle imperturbablement que les routes et le monde peuvent bien changer, le plaisir automobile garde ses fondamentaux qui traversent le temps, sinon cette marque ne serait pas si florissante ni…novatrice !

Morgan 3wheel, 110v3op 2

Morgan 3wheel, 110v3op 2 – Photo © Morgan Motor Company

A l’heure où les nouvelles voitures regorgent et se rengorgent de conduite assistée tous azimuts, il en est une, seule au monde et d’allure on ne peut plus traditionaliste, qui frappe cet assistanat de puritanisme aseptisant et, créons le mot, d’obsolescence contemporaine. Car, en demeurant aussi spartiate qu’à la création de son fameux roadster Plus 4 en 1936, la très britannique Morgan n’a pas oublié, elle, que la conduite automobile est une volupté, une plénitude de sensations qui nous passent du grain du bitume aux nerfs incorporant les capacités de la mécanique en fonction du paysage alentour. La Morgan, plus ancienne voiture commercialisée de tous les temps, en est restée là, à ras du bitume, fort judicieusement.

Le confort est une hérésie, et ne nous parlez pas de « voiture autonome » !…

C’est ce que semblent vous signifier les deux passagers, deux pas plus, sur leurs sièges secs et du même cuir que leurs bagages « Life Style » sanglés à même la roue de secours à croisillons et capuchon nickel exhibée à la poupe, tandis que, le plus flegmatiquement du monde, ils retiennent d’une main la capote menacée par gros temps de valdinguer du quasi vertical pare-brise aux trois mini essuie-glace tant il est bas.

Vision panoramique intégrale - Morgan

Vision panoramique intégrale. Photo © Jean-Philippe Domecq

En les doublant vous remarquez les arceaux de la capote façon landau ; la vitre latérale plastifiée tremble, amovible à la main d’avant en arrière, ainsi que la mini-porte-portillon aux rivets et gonds saillants – mais en même temps quel profil, quelle ligne d’ensemble ! A vous faire partir en vrille, il y a de quoi : le coup de génie de chez Morgan, c’est d’avoir préservé l’essentiel de ce qui fit et fait l’automobile lorsqu’on passa des chevaux au moteur : puisque tout tient à celui-ci, son capot sera au moins aussi long que le reste, bordé d’ailes qui courent depuis les phares (ronds, et là encore on s’apercevra un jour qu’il n’y avait rien de plus élégant par la simplicité même, rendant farcesques nos iodes à sourcils galactiques), jusqu’au relevé vers la jupe arrière, faisant tout du long marchepied. Autant le dire : la géométrie et la proportion obéissent à une sorte de nombre d’or automobile, dont Jaguar s’inspirera pour sa légendaire XK 120.

De l’artisanat à l’écologie

Dans la petite usine du fondateur, à Malvern Link, aux briques orange délavées, il faut plus de 400 heures pour fabriquer une Morgan selon un savoir-faire qui se transmet de génération en génération, tout à la main, sauf le moteur, un Ford 2 litres pour la « Plus 4 » et 3,7 litres pour le roadster, qui vous embarque de 0 à 100km/h en 5 sec, pour une pointe de 225 km/h. Ces performances s’expliquent, outre la suspension plus que ferme, raide, par le rapport poids/puissance de 295cv par tonne, cette voiture de sport ne dépassant pas le poids de 950 kg.

La série spéciale Morgan Plus 4, sortie pour le 110ème Anniversaire de la marque anglaise.

La série spéciale Morgan Plus 4, sortie pour le 110ème Anniversaire de la marque anglaise. Photo © Morgan Motor Company

Et pourquoi ? C’est l’originalité maîtresse de Morgan : sur deux axes d’acier galvanisé le châssis est en frêne, où sont rivées les feuilles d’aluminium de la carrosserie. On ne peut faire structure plus souple en traction et virages, plus protectrice en crash-test, ni matériaux plus écolo. Et on ne s’arrêtera pas là chez Morgan : on a beau mettre deux jours à fabriquer une voiture, on n’en prévoit pas moins le moteur électrique sur le nouvel engin qui renoue avec les premiers sidecars conçus par le fondateur : la Morgan « 3 Wheeler », voiture tricycle, oui, tenez-vous bien et prêts à embarquer dans un fuselage d’avion à pare-brise 1900, toujours plus légère (585 kg), pour bomber à l’air libre, libre !…

La Morgan Threewheeler, année 2018 – 70 ch.

La Morgan Threewheeler, année 2018 – 70 ch. Photo © Beaumont Automobiles

Où acquérir ces bijoux de mécanique british, et à quel prix…

A savoir…

  • Les tarifs :
    – La « Plus 4 » : 58.440€
    – Le « Roadster 3,7 : 73.440€
    – La « 3 Wheeler » : 51.300€
    – Et la supercar futuriste « Aéro…

A savoir…

  • Les tarifs :
    – La « Plus 4 » : 58.440€
    – Le « Roadster 3,7 : 73.440€
    – La « 3 Wheeler » : 51.300€
    – Et la supercar futuriste « Aéro 8 », « AéroMax » et « Aéro SuperSports », à tirage limité mais prix plutôt illimité selon les options choisies par les privilégiés sur liste d’attente.
  • Délais de livraison : « avant on comptait en années, maintenant en mois », vous est-il répondu… à l’anglaise, toujours à l’anglaise.

Où l’acquérir…
–> Concessionnaire MORGAN France : Beaumont Automobiles, 45, rue Cambronne, 75015 Paris. Et, à Dinan, on organise aussi de fort beaux rallyes annuels : voir les modèles et occasions au showroom du 29 rue Capitaine Hesry, 21100, Dinan.

–> Morgan Motor Company

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