Oléatherm à Saint Privat, le royaume du bien-être par l’olive

Raphaël et Babeth Colicci, paysants aussi savants qu’empathiques, ont créé Oléatherm à Saint Privat dans l’Hérault, un site unique dédié à l’oléathérapie scientifique et aux ressources insoupçonnées de l’olive et de son huile. Et par extension des plantes méditerranéennes. On peut y croiser Pierre Rabhi, les professeurs Henri Pujol ou Henri Joyeux amis de la maison…

Oléatherm est un ovni de la santé et de la remise en forme. Raphaël et Babeth Colicci en sont les passionnants fondateurs. Qu’importe le sel de la terre ingrate qui empêchait toute culture, qu’importe les pierres meulières par centaines et le vent glacé qui descend du Causse du Larzac. Ici, au hameau des Salces, à Saint Privat, c’est le paradis de l’olive. Ce royaume autoproclamé et absolu a généré ses propres normes de bon sens et de santé. Oléatherm est une allégorie agricole et scientifique imaginée dans les années 90 par ce couple de producteurs passionnés et spécialistes de la remise en forme et du massage.

Oléatherm à Saint Privat, le royaume du bien-être par l’oliveRaphaël et Babeth Colicci. Photo © Christian Goutorbe

Eux-mêmes ont conçu, avec le concours de scientifiques, des protocoles de soins et des huiles corporelles directement issues de leurs parcelles d’oliviers. Aujourd’hui, Oléatherm c’est une marque de produits cosmétiques bio (huiles, savon, gommage) des brevets déposés et un centre de soins construit pierre après pierre qui fait courir de toute l’Europe. On s’y fait envelopper de totum d’olive mélangé à de l’argile rouge.

Recherche Polyphénols, désespérément !

Ici, la nature et la connaissance scientifique, intimement mêlées ont le premier et le dernier mot après des années de plantations, de greffes, de recherches et de tâtonnements. Ici, on ne se contente pas de déguster l’huile première pression à froid, ni de grignoter les « Lucques » à l’apéritif. On fouille, on analyse, on observe. On compte et on recompte les polyphénols qu’on aurait pu laisser échapper. Par maladresse. Par ignorance. Ces polyphénols, sont de précieux agents antioxydants. « Lorsqu’il s’est agi de sauver la coopérative de Saint Jean de la Blaquière, un peu plus bas dans la vallée, je me suis aperçu que l’on jetait à la poubelle jusqu’à 80 % de l’olive. On gardait l’huile et basta. Et tout le reste, la pulpe, l’eau du pressage, le noyau étaient éliminés » raconte Raphaël Colicci, savoyard d’origine, kinésithérapeute de formation, naturopathe et botaniste par passion, fin connaisseur des plantes et du corps humain. Pour en avoir le cœur net, Raphaël avait expédié pour analyse ces fameux coproduits de l’olive à ’l’institut des corps gras de Bordeaux (ITERG), au Cirad de Montpellier.

Oléatherm à Saint Privat, le royaume du bien-être par l’oliveLa cueillette des olives.

Les vertus réparatrices et cicatrisantes de l’huile…

Et les résultats sont tombés comme un claquement de fouet. « Ces coproduits pour ne pas dire déchets, sont particulièrement riches en sels minéraux et en polyphénols. Il y avait donc moyen d’en tirer quelque chose de bon pour la peau, notamment pour hydrater et pour lutter contre le vieillissement. Les précieuses molécules étaient bien là où personne ne les avait vues », poursuit Raphaël qui se lance dans l’aventure scientifique bientôt encouragé par Jacques Dubois alors directeur de la recherche au laboratoire Fabre. Quinze ans plus tard, Oléatherm propose une gamme complète de produits dont l’huile d’olive verte bio Omphacine, forcément riche en polyphénols. « Pour survivre dans un contexte de stress hydrique, comme c’est le cas sur les pentes de Saint Privat, nos arbres développent des réactions de survie avec une poussée de polyphénols dans les olives pour se protéger » explique Babeth Colicci. Sur la route de l’olive, Raphaël Colicci a aussi retrouvé les recettes ancestrales de l’huile romaine.

Oléatherm à Saint Privat, le royaume du bien-être par l’olive

Shirodhara : soin très puissant issu de l’ayurvéda, dit « traitement du troisième oeil du Seigneur Shiva ».

… déjà prisée dans la Rome antique

« Cette huile est hautement hydratante. Mais surtout, elle a un effet cicatrisant. Et les gladiateurs eux-mêmes avant de pénétrer dans l’arène, s’enduisaient totalement le corps de cette huile précieuse parce qu’elle a des vertus réparatrices et cicatrisantes. Et ce n’était pas seulement pour être le plus beau des combattants » raconte Raphaël Colicci, lui-même infatigable guerrier des espèces méditerranéennes en voie de disparition après avoir étudié et intégré la liturgie médicale du corps humain au Ludshott Manor. C’était au moment où ce grand hôpital anglais est devenu, à partir de 1974, un établissement de pointe en matière de médecine parallèle, à l’inspiration du médecin de la reine d’Angleterre de l’époque. « C’est là que j’ai compris que les principes actifs des plantes avaient besoin de leur milieu natif, de leur environnement pour donner leur pleine mesure. Et qu’il était souvent absurde d’extraire la molécule de son contexte biologique », poursuit Raphaël Colicci, qui enchaîne les conférences dans toute la France pour porter la bonne parole de la guerre végétale qu’il faut mener pour sauver les espèces rares et précieuses pour la bonne santé de l’homme et de la nature.

Oléatherm à Saint Privat, le royaume du bien-être par l’olive

Oleatherm, vue extérieure du site au hameau des Salces.

Dans leur royaume de l’olive, Les Colicci ont créé des enclaves variétales, une succession de conservatoires (vigne, grenade, olivier, amandier…). Ce sentier des cultures méditerranéennes installé en pleine montagne se visite comme un grand livre d’histoire et de botanique, dont Raphaël, en guide passionné, tourne les pages inlassablement. Dans ce jardin extraordinaire recomposé à la pioche, on peut y croiser Pierre Rabhi, les professeurs Henri Pujol ou Henri Joyeux, tous des amis de la maison en extase devant l’olivier du Christ, la vigne araméenne du christ, ou bien la grenade du Kirghizstan (72 % de jus). En cet Eden recomposé. Forever !

Oléatherm à Saint Privat, le royaume du bien-être par l’olive

Pierre Rhabi, lors d’une université Oléatherm.