Théâtre en mars : la sélection de Lanade

L’angoisse du roi Salomon, Le Cercle de Whitechapel et The Prisoner… trois pépites à aller voir séance tenante. Car elles sont sur les scènes parisiennes que jusqu’à la fin mars ou la mi-avril, avant un départ en tournée.

The Prisoner, de Peter Brook et Marie-Hélène Estienne (Théâtre des Bouffes du Nord)

Si vous souhaitez voir une pièce de réflexion, qui grandisse en vous et vous remue, courrez au Bouffes du Nord assister à la dernière création (écriture et mise en scène) de Peter Brook et Marie-Hélène Estienne. The Prisoner, joué par cinq comédiens cosmopolites impeccables, renvoie à la notion de bien et de mal et à la frontière entre les deux ; à la culpabilité, au pardon et à la rédemption. Comme de coutume, le talentueux britannique de 92 ans a privilégié un texte court et une mise en scène épurée, faisant la part belle aux sons (bruitages d’animaux, craquements de branchages, etc) et aux silences. Une réalisation forte et puissante.

Théâtre en mars : la sélection de LanadeHiran Abeysekera et Kalieaswari Srinivasan « The Prisoner » Théâtre des Bouffes du Nord. Crédit photo : DR

Le Cercle de Whitechapel, de Julien Lefebvre (Lucernaire)

Les comédies policières au théâtre se font rares, mais en voici une rondement menée. Sir Herbert Greville convoque trois illustres écrivains de l’Angleterre Victorienne : Arthur Conan Doyle (Sherlock Homes), Bram Stoker (Dracula) et George Bernard Shaw (Pygmalion), ainsi que la féministe Mary Lawson, pour démasquer Jack l’éventreur, le célèbre assassin qui fit frémir la capitale britannique à la fin du XIXème siècle. Une mise en scène de Jean-Laurent Silvi juste et efficace, des costumes désuets à souhait et un jeu  au cordeau de la part des cinq comédiens font de cette pièce une réussite.

Théâtre en mars : la sélection de Lanade

Pierre-Arnaud Juin, Stéphanie Bassibey, « Le Cercle de Whitechapel », Théâtre Lucernaire.

L’angoisse du roi Salomon, d’après Emile Ajar (Théâtre du Petit Saint-Martin)

Il fallait avoir l’idée d’adapter ce roman de Romain Gary, alias Emile Ajar, au théâtre. Pourtant, Bruno Abraham-Kremer et Corine Juresco (qui co-signent l’adaptation et la mise en scène) ont osé le faire, avec succès. Leur pièce est originale et fine ; toute en retenue. Bruno Abraham-Kremer y incarne Jean, chauffeur de taxi à la fin des années 70, dont la vie va changer après une rencontre avec Salomon Rubistein, le roi du pantalon. Façon Jean Gabin ou Bernard Blier dans Les Tontons Flingueurs, le comédien autodidacte nous fait réfléchir à l’amour, au pardon et à l’orgueil. Et au final, au sens de la vie. Un très beau seul en scène, rare et étonnant.

Théâtre en mars : la sélection de Lanade

Bruno Abraham-Kremer, L’angoisse du roi Salomon d’après Romain Gary. Théâtre du Petit St-Martin. Photo © Pascal Gely.