Le Val d’Aoste, l’autre (bon) côté du Mont-Blanc

« Avec ses 4 807 m, le Mont-Blanc, est le plus haut sommet de France » écrivaient longtemps les manuels scolaires. Aujourd’hui, on a appris à grimper jusqu’à 4 810 m. Mais s’est-on fait à l’idée que le Mont Blanc est avant tout européen. Il se partage aussi avec la Suisse et l’Italie. Coup d’œil sur le versant italien du géant blanc, le Val d’Aoste, et ses spécialités gastronomiques.

Le Val d’Aoste, l’autre (bon) côté du Mont-Blanc

Mont-Blanc, Photo © Isabelle Bachelard

Il y a deux façons de rejoindre le Val d’Aoste. La plus rapide pour les skieurs est de se rendre à Bourg-Saint-Maurice en Tarentaise, de monter tout en haut des pistes de la station française La Rosière pour redescendre en Italie à ski, jusqu’à la station italienne de La Thuile. En passant, on jette un coup d’œil au col du Petit Saint Bernard, fermé l’hiver, par lequel Hannibal et ses éléphants ont – peut-être – franchi les Alpes.

Dans la pratique, il est plus rationnel de prendre le tunnel du Mont Blanc. Quelques minutes après sa sortie surgit Courmayeur, une des vingt-huit stations de ski italiennes. Mais nombreux sont les curieux qui préfèrent faire une demi-heure de route supplémentaire pour s’installer dans une vraie ville, à Aoste. De là ils peuvent en quelques instants monter à 1 800 m pour skier à Pila. Mais ils bénéficient surtout d’un choix inégalable entre tous les sommets alpins qui tournent autour des 4 000 m, le Mont Blanc bien sûr, mais aussi le Cervin (Matterhorn côté suisse à Zermatt), le Mont Rose et le Grand Paradis au sud.

Le Val d’Aoste, l’autre (bon) côté du Mont-Blanc

Prendre la neige pour un livre, pour écrire, dessiner, lire et rêver…

Faire la trace, c’est difficile, aussi bien en montagne que dans la vie ; d’être devant, de montrer la voie, de défricher. D’être le premier dans la neige fraîche, de trouver le bon chemin, d’éviter les pièges, les embûches, les crevasses et les plaques à vent. De savoir prendre des risques pour se frotter à l’aventure, mais sans jouer avec les vies. Des risques pesés, calculés, pour que la randonnée ne vire pas au cauchemar. Et c’est encore plus dur de savoir renoncer. Mais aussi tellement fier qu’on se repose sur vous, de tous les emmener et surtout les ramener. Et aussi savoir laisser la place, savoir passer en second, se laisser aller, les yeux posés sur le dos de l’autre. Faire confiance, écouter, suivre, parfois même obéir, au besoin.

Poser ses pas dans la trace de l’autre. Plaisir aussi immense que celui de « faire la trace. » Vincent Jaccard, Petites aventures de l’autre côté du mont Blanc. Editions Paulsen, 2016.

Aoste, romaine, médiévale, gourmande

Située à 580 m, Aoste est une de ces petites villes italiennes qu’on aime pour sa bonhomie, qui cache une vraie richesse architecturale, de l’arc d’Auguste (qui a donné son nom à la ville) aux vestiges des remparts et au cloître roman de l’église Saint-Ours. Côté gastronomie, il suffit de s’armer d’un bon couteau. Les produits sont ceux d’un terroir agreste et montagnard. Tout le monde connait le fromage Fontina DOP, mais le plus savoureux vient sans doute des viandes et charcuteries,  jambon de Bosses DOP et surtout le lard d’Arnad, DOP aussi, une merveille de lard parfumé par un long contact avec sauge, ail, romarin et épices. Quand il fond dans la bouche, ses parfums se prolongent délicieusement.

Vins : des cépages autochtones inconnus

Côté vin, le registre est varié, car nombre de cépages autochtones nous sont totalement inconnus, tels le petit rouge qui donne les vins Torrette et le prié qui produit les blancs de Morgex et de la Salle. Les randonneurs apprécient souvent le Chambave moscato, un 100% muscat aux parfums envoûtants de raisin.

Le Val d’Aoste, l’autre (bon) côté du Mont-Blanc

Mont Blanc Photo © Isabelle Bachelard

Région autonome francophone

La vallée d’Aoste est une province autonome, comme les îles de Sicile et de Sardaigne, ce qui veut dire qu’un léger parfum d’indépendance, ajouté à son bilinguisme franco-italien et à son côté montagnard, donne une sacrée personnalité à ses  – rares – habitants. C’est la région la moins peuplée d’Italie. Raison de plus pour y aller quand la foule envahit les routes du ski françaises.