18e Festival Éclats d’Email Jazz édition, direction artistique de Jean-Michel Leygonie, Limoges

Pour le 18e opus d’Éclats d’Émail Jazz édition, Frédéric Faucher, président de l’Association et Jean-Michel Leygonie, directeur artistique ont souhaité une édition joyeuse, colorée et empreinte d’émotions. Répartie sur 11 jours, du 16 au 26 novembre 2023 et 14 lieux culturels (à découvrir via son city pass) de Limoges, la programmation éclectique favorise un subtil équilibre entre valeurs sûres et jeunes pépites, artistes internationaux et régionaux; du Harlem Gospel Choir à Bertrand Beline, d’Alès Demil à Mangane… Jean-Michel Leygonie a confié à Patricia de Figueiredo les ressorts de cette jolie saison et trois de ses enthousiasmes : Steve Colemam, Festen, Melkoni project.

 

Le nom du festival rend hommage à la ville de Limoges, à ces émaux (l’émail au singulier) 
Frédéric Faucher, président de l’Association.

Un succès artistique et culturel de proximité

Melkoni Project programmé au18e Éclats d’Email Jazz édition Limoges Photo Grégory Voivenel

Au fil des éditions, le succès d’ Éclats d’Émail Jazz éclats édition doit beaucoup à l’association et son armée de bénévoles, tous plus motivés et passionnés les uns et les unes que les autres, mais il est aussi largement dû à un homme, son directeur artistique depuis 2006, Jean-Michel Leygonie. Il dirige la programmation de ce festival qui ne cesse de grandir. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : de 7 jours la première année à 11 jours désormais, de 2.500 personnes à 10.000 personnes attendues cette année, parti avec un budget de 80.000 euros en 2006, il atteint maintenant 380.000 € avec un objectif affiché de 500 K € pour 2026. Éclats d’Émail Jazz édition s’est faîte une renommée bien au-delà des frontières de la Région.

Notre public se compose majoritairement de jeunes retraités actifs qui programment tôt leurs voyages mais des jeunes aussi s’y intéressent à l’image de 80 élèves d’un lycée de Machecoul en Loire-Atlantique et leurs 5 professeurs qui sont venus cette année.
Jean-Michel Leygonie, Directeur artistique

Un rendez-vous musical attendu avant l’hiver

Jean-Michel Leygonie, DA du Festival Éclats d’Email Jazz édition Limoges, Photo Jean-Baptiste Millot

S’il n’est pas musicien lui-même, Jean-Michel Leygonie développe son oreille depuis son adolescence. Ce marseillais d’origine baigne après son bac dans un environnement culturel et militant, travaille pour Radio Century la première radio libre de Paca. Il passe ses vacances en Corrèze, organise déjà des concerts classiques et de jazz dans une ferme limousine. En 1983, il s’installe à Limoges. Repéré par la DRAC, il devient chargé de mission pour les musiques actuelles.  En 1989, il reprend le festival Jazz en Limousin qu’il anime jusqu’en 1996, puis se lance dans une société de multimédia.

J’avais la chance d’avoir une librairie et un disquaire à côté de mon lycée, je passais le plus clair de mon temps libre à écouter de la musique, du jazz notamment.
Jean-Michel Leygonie, Directeur artistique

L’idée de créer un festival de Jazz dans Limoges lui trottait dans la tête ainsi est né, Éclats d’Email Jazz édition qui a lieu chaque année en novembre, loin des autres festivals d’été, ce qui lui confère le rôle du rendez-vous attendu avant l’hiver pour les amateurs. Depuis 2017, son fils Elie a rejoint l’association s’occupant plus particulièrement du domaine financier et de l’organisation de la production.

Une programmation savamment équilibrée

Laurent Bardainne / Tirgre d’Eau Douce Paris Septembre 2021 Copyright Agnès Dherbeys / MYOP

Dés les premières éditions, Jean-Michel Leygonie sait associer des valeurs reconnues dans le monde du jazz, tout comme des artistes régionaux. Pour alimenter son plateau, entre sa connaissance des artistes, internet, les recommandations, le choix est large.

Je reçois 30 à 50 propositions par semaine, il y a mes affinités personnelles mais ma philosophie est de me mettre à la place des spectateurs. Nous possédons désormais un noyau dur de connaisseurs, auquel il faut ajouter un large spectre. C’est pour cette raison que vous pouvez trouver du free jazz, du cubain, du Gospell – Harlem Gospel Choir) la meilleure chorale du monde – et j’ouvre à autre chose aussi avec Bertrand Belin, cette année.

Les enthousiasmes de Singular’s

Ayant eu la chance de pouvoir participer à trois jours de ce festival convivial, voici les trois concerts qui m’ont enthousiasmée.

Laurent Bardainne et Tigre d’eau douce : conduit par le saxophone ténor Laurent Bardaine, un univers ensoleillé où se mêlent cuivres, voix, basse, percussions, un son trainant, envoutant, entre funk et soul des années 70.

Alès Demil : un jeune guitariste de 18 ans seulement qui coche déjà toutes les cases pour devenir une grand. Un touché, une présence… il est accompagné par Lucca Ferrari à la batterie et Damien Thebaud à l’orgue.

Mangane : le coup de soleil du festival. Il chante en wolof, il vit à Limoges et a su fédérer autour de lui des artistes venus de Cuba, de Lyon, de Toulouse, de Paris.  Une musique et une voix qui nous entrainent sur les chemins de la gaieté. On se lève de son fauteuil pour danser sur son album « Zoom Zemmatt »

Trois coups de cœur de Jean-Michel Leygonie

Il s’est prêté au jeu sachant que comme directeur artistique il est responsable de tous les éclats de la programmation.

Steve Colemann : Le saxophoniste a marqué le jazz depuis les années 80. Il transcende les frontières du jazz, intègre du funk et du hip-hop, fréquente l’Ircam… c’est un passionné de recherche sonore.  Cela faisait longtemps que je souhaitais l’avoir. Nous avons réussi à le programmer cette année, qui plus est dans une version trio avec Rick Brown à la basse et Sean Rickman à la batterie,

Festen : ce groupe de quatre musiciens, dont deux frères Maxime et Damien Fléau, rejoint par Jean Kaspa et Olivier Degabriele, s’inspire largement du cinéma danois (Festen, le film de Thomas Vinterberg), puis a ouvert à d’autres univers cinématographiques. En 2018, ils ont sorti un premier album « Inside Kubrick ». Depuis, ces quatre garçons tracent leurs routes, toujours avec le grand écran en ligne de mire. Un univers particulier et percutant.

Melkoni project : un trio avec en voix Louise Perret, une voix cristalline, envoutante accentuée par un débit très rapide, une présence indéniable sur scène. Elle est entourée par le guitariste Gwen Cahue et du violoniste Raphaël Tristan Jouaville. Elle devrait rapidement acquérir une notoriété plus importante.

Ce que je sais, c’est que ces artistes ont été sélectionnés par deux personnes qui savent parfaitement où elles vont et ce qu’elles veulent insuffler dans cet événement, et que ces artistes auront le meilleur cadre possible pour s’exprimer et vous faire entendre leur définition du jazz, de leur jazz.
Alexandre Fournet, Le regard sur le festival, observateur et chroniqueur fidèle depuis 2018

Si vous ratez le festival en novembre, sachez que toute l’année, Limoges devient une référence Jazz. Avec patience et détermination, l’Association Éclats d’Émail Jazz Édition construit un environnement favorable à la diffusion, à la création et au développement du jazz et des musiques improvisées. De février à juin, May Be Jazz propose des artistes : à titre d’exemple, Quintet Lajudie, Luis Viña « Redux » ou Thomas Mayeras ont fait partie de l’édition 2023.

#Patricia de Figueiredo