Champagne : des millésimes prêts à boire, explications et sélection…

Tout comme les vins tranquilles, les champagnes ont eux aussi leur apogée. Les intercepter à ce moment où ils se goûtent le mieux n’est pas toujours aisé. Sélection de quelques cuvées arrivées à maturité.

Champagne : des millésimes prêts à boire, explications et sélection…

Les champagnes millésimés se conservent de 3 à 15 ans, mais gare à la lumière qui n’ennoblie que la fête. Photo © Pierre d’Ornano

La scène se passe dans l’escalier qui mène à la cave, à la veille des fêtes de Noël. C’est une cave familiale correctement garnie dans laquelle différents champagnes attendent de quitter l’ombre fraîche pour la lumière du seau à glace festif. Un des enfants, qui a atteint une douzaine d’années mais ne connait pas le mot millésime interroge son père : « C’est meilleur, un champagne millésimé ? » S’ensuit un temps de silence, suivi d’une longue explication. Ni mieux ni moins bien, le millésime est différent, car il est le reflet d’une seule année. S’il est bien né, il gagnera à vieillir.

Champagne : des millésimes prêts à boire, explications et sélection…

La flûte de champagne se tient pas la jambe, afin de ne pas réchauffer le contenu. Photo © Isabelle Bachelard

Le millésime, une année qui le mérite

Alors que dans la quasi-totalité du monde, les vins portent l’année de leur naissance, les Champenois ont depuis longtemps privilégié l’assemblage de vins de différents années, afin qu’elles s’équilibrent entre elles. Avec le réchauffement climatique, il n’est pas impossible que cette habitude se modifie. Mais jusqu’aux toutes dernières années, le climat champenois, relativement frais et humide, ne permettait pas à chaque automne de fournir un volume et une qualité optimaux : arrondir les années les plus acidulées avec des années naturellement plus rondes ou assagies par l’élevage était indispensable.

Champagne : des millésimes prêts à boire, explications et sélection…

Philipponnat rosé 1522, un millésime 2007 qui évolue tout doucement. Photo © Isabelle Bachelard

Seules les années bénéficiant d’un certain niveau qualitatif sont donc millésimées. Ainsi identifiées les bouteilles peuvent être gardées, généralement de deux-trois ans à une quinzaine d’années, contrairement à la plupart des cuvées dites « brut sans année » qui sont commercialisées au moment où elles sont prêtes à boire.

Champagne : des millésimes prêts à boire, explications et sélection…

Le Bollinger 2007, une cuvée qui fait l’unanimité par son équilibre imposant en bouche et sa longueur fraîche et pleine à la fois. Photo © Isabelle Bachelard

Conservation et service soignés

Millésime ou non, le pire ennemi du Champagne est la lumière. Même pour une courte durée, gardez toujours les bouteilles dans le noir et couchées. Ce n’est pas par hasard si la plupart des cuvées sont présentées dans du verre très sombre et dans des étuis en carton. Réfrigérateur, seau à glace (ou rebord de fenêtre) peu importe le moyen d’amener le vin à température de service. Si l’on a oublié de s’organiser en amont, il peut être utile de s’assurer que les verres sont aussi à bonne température. Eloignez les des bougies de Noël, même s’ils font partie d’un joli décor sur la table.

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Le Champagne Henriot 2008, issu de chardonnay et pinot noir à égalité – terroirs de 1ers et grands crus. Photo © Isabelle Bachelard