Exposition immersive “Gustav Klimt” à l’Atelier des Lumières

Inauguré à Paris le 13 avril 2018, l’Atelier des Lumières, présente une évocation de Gustav Klimt, dont les oeuvres agrandies couvrent intégralement murs et sols. Cette exposition accueille petits et grands pour une immersion aussi musicale que visuelle dans l’art qui habita Vienne autour des années 1900.

Exposition immersive “Gustav Klimt” à l’Atelier des Lumières

Au coeur de l’exposition Gustav Klimt à l’Atelier des Lumières. Le public regarde en silence mais ne peut s’empêcher de prendre plus de photos que nécessaire. Photo © Isabelle Bachelard

En arrivant à l’Atelier des Lumières, la plupart des visiteurs ne savent pas à quoi s’attendre. L’entrée évoque plus celle d’un théâtre à l’ancienne que celle d’un musée. Les murs sont sombres, l’éclairage limité, on se laisse guider jusqu’aux portes, derrières lesquelles on s’attend à trouver des sièges de velours rouge. Et non, ce n’est pas une salle de spectacle, ce n’est pas un musée aux cimaises claires non plus. On découvre avec stupéfaction un espace immense baigné de couleurs, qui changent toutes les quelques secondes. Les spectateurs déambulent, s’arrêtent, s’assoient par terre ou sur des rouleaux de chantiers transformés en bancs rudimentaires. Les enfants bougent parfois un peu plus. Mais curieusement tout le monde respecte la consigne de silence. Les yeux comme les oreilles sont pris.

Klimt, Wagner et Strauss

Le début de spectacle dévolu à l’oeuvre de Klimt impressionne : simultanément apparaissent sur tous les murs le dessin d’immenses colonnes, noir sur blanc, comme si la main d’un artiste traçait devant nous ses esquisses. La technique est connue depuis toujours par la télévision, mais sur cent mètre de large et dix de hauteur, elle impressionne, d’autant plus qu’en même temps résonne l’ouverture de Thannhäuser de Richard Wagner. Le décor se remplit rapidement de couleur et fait apparaître les peintures de style néoclassique, réalisées par Hans Makart, peintre de la maison impériale (1840-1884) et le jeune Gustav Klimt pour le Kunsthistorisches Museum de Vienne. Une valse de Johann Strauss enchaîne imperceptiblement. La visite de Vienne se poursuit, Burgtheater, façades d’immeuble viennois, l’emblématique Palais de la Sécession dont on reconnait la devise sur le frontispice « À chaque siècle son art, à l’art sa liberté ». Et bien sûr des dizaines de tableaux de Gustav Klimt, ceux qui brillent d’or comme Le Baiser (1907-1908) comme ceux qui représentent la nature, jardins, forêts et vergers à la riche palette de couleurs, tandis que se succèdent Beethoven, Philip Glass et autres compositeurs dans une logique un peu moins évidente, mais tout à fait efficace.

Exposition immersive “Gustav Klimt” à l’Atelier des Lumières

Gustav Klimt « Le Baiser ». Photo © DR

Un patrimoine industriel valorisé

L’Atelier des Lumières est un lieu qui ne ressemble à aucun autre à Paris. Situé à quelques pas du charmant square Maurice Gardette, dans le XIe arrondissement, il a tout l’air d’un bâtiment industriel ou d’un entrepôt. C’est en fait l’ancienne fonderie du Chemin Vert, créée en 1835 par les frères Plichon pour fournir à la marine et au chemin de fer des pièces en fonte de grande résistance. Avec sa halle principale de 1500 m2, le lieu a trouvé une nouvelle vie, sans perdre de sa silhouette (structure métallique originelle, cheminée, réservoir d’eau et sol sont également baignés dans les images) en devenant le premier « centre d’art numérique » parisien. Une valorisation du patrimoine architectural parisien qui permet à un public très varié de vivre une expérience artistique. A lui d’aller ensuite regarder les tableaux de Klimt à Vienne. Et écouter un orchestre ou un piano où il le souhaite.