Petit vade-mecum à l’usage de l’amateur de cigare

Pour un amateur averti, l’ « avant » cigare et presque aussi important que l’ «après ». A chacun sa méthode bien entendu mais il est toujours bon de rappeler les basiques qui garantissent une dégustation sans nuage, si ce n’est de fumée. De quoi déguster, en amateur expert, les nouveaux cigares en provenance de Cuba. Singular’s vous les commente en avant première.

Comment couper un cigare ?

Dans tous les cas, l’incision doit être franche et nette. Mais attention à la longueur de la coupe. Si elle est trop importante, la combustion risque de s’emballer. Dans le cas contraire, les arômes de la vitole seront bridés. Une mauvaise coupe peut également endommager la cape du cigare, rendant ensuite la dégustation aléatoire.

Petit vade-mecum à l’usage de l’amateur de cigare

Se servir d’un ciseau d’écolier, c’est encore permis dans la galera mais plus lorsque le cigare est roulé. Photo © DR

Une question d’outils…

Petit vade-mecum à l’usage de l’amateur de cigare

Guillotine à cigare. Photo © DR

De vieux briscards coupent toujours la tête de leurs modules favoris avec les dents, voire avec leurs ongles. Spectaculaire certes, mais ces gestes requièrent un certain savoir-faire, sinon, catastrophe assurée (cape endommagée, résidus de tabac en bouche, etc). Privilégier par conséquent les outils traditionnels :
– La guillotine : toujours d’une efficacité redoutable lorsqu’il s’agit de couper une tête… Le procédé est le même que la tristement célèbre machine inventée par le docteur Guillotin : le sommet du cigare prend place dans la lunette et une pression du pouce abaisse la lame, la coupe est nette et sans bavure. Un conseil d’achat : n’hésitez pas à venir avec votre cigare afin d’essayer la guillotine dont le prix varie en fonction de la matière (plastique, métaux précieux, etc).
– L’emporte-pièce : depuis quelques années, ce petit ustensile cylindrique effectue un joli retour en grâce, totalement justifié, car l’incision pratiquée par cet outil creuse juste un cratère au sommet du cigare. La cape restante retient donc d’avantage les goudrons, rendant ainsi la fin de fumage moins âcre. Un procédé néanmoins à bannir avec les modules « obus ».

Petit vade-mecum à l’usage de l’amateur de cigare

Emporte-pièce et guillotine pour préparer son cigare dans les règles et en tirer tout le plaisir. Photo © DR

Entretenir la flamme

Les amateurs sont globalement d’accord sur ce point : les allumettes en bois, longues de préférence, restent le meilleur ustensile pour allumer son cigare, en les couplant pour obtenir une plus grande efficacité. Le briquet à gaz n’est pas déconseillé, bien au contraire, surtout en extérieur et à condition que sa flamme soit régulière. Idem pour les chalumeaux, ils sont très efficaces mais leur puissance agresse la tripe et peut griller sensiblement les arômes. En revanche, les briquets à essence (type Zippo) et les bougies sont à proscrire en raison de leur influence néfaste sur le goût du cigare.

Deux gestes à ne pas manquer au moment de l’allumage : maintenir la flamme en contact direct avec le cigare en position horizontale. Le faire tourner régulièrement jusqu’à l’incandescence du pied. Aspirer ensuite lentement en maintenant toujours la flamme à un centimètre environ et surveiller le pied dont la combustion doit être uniforme.

Halte aux idées reçues

Planter une allumette dans un cigare pour créer une cheminée pour la circulation de la fumée est une aberration, en réalité, ce geste détruit tout simplement le subtil équilibre de la tripe. Aujourd’hui et depuis de nombreuses années, les capes sont scellées avec une colle inodore, il est donc inutile de réchauffer le cigare sur toute sa longueur. Un procédé qui pouvait se justifier sur les vitoles anciennes, parfois recouverts d’une gomme spéciale qui s’avérait parfois désagréable au fumage…

Petit vade-mecum à l’usage de l’amateur de cigare

Spiritueux et cigares font bon ménage mais côte à côte, inutile d’humidifier son puro. Photo © DR

Inutile aussi de tremper la tête de son cigare dans un alcool avant de le fumer. Mieux vaut le déguster, accompagné de son spiritueux favori. Pourquoi pas la dernière nouveauté de la Maison Castarède, un Armagnac élaboré spécialement pour être dégusté avec un cigare. A découvrir prochainement dans nos colonnes.

Marque citée dans l'article

Armagnac Castarède

Maison fondée en 1832