Culture

Le carnet de lecture de Jacques Hubert, Les Estivales de musique en Médoc

Auteur : Olivier Olgan
Article publié le 16 avril
 2021

Depuis 2007, Jacques Hubert préside aux destinées des Estivales de musique en Médoc. Le festival porte une double ambition ; faire découvrir les lauréats de grands concours internationaux et révéler de grands crus par une dégustation à chaque concert. Après l’annulation de l’édition 2020, cet épicurien curieux comme en témoigne l’éventail des gouts de son carnet de lecture, est l’un des premiers à prendre date du 30 juin au 15 juillet 2021 avec 2 concerts par soir dans un Chateau du Médoc. 

Jacques Hubert, président des Estivales de musique en Médoc revendique des concerts qui réconcilient visuel, auditif et gustatif

Une éthique de générosité

Tous ceux de près ou de loin qui s’investissent dans ce festival unique et attachant sont habités de la même fierté. Celle de transmettre coûte que coûte une culture de l’excellence et de faire vivre un patrimoine, un style de vie, enraciné dans un terroir, engagé dans la production de millésimes, et partagé avec la musique.
Cette dynamique est animée par une éthique de générosité comme en témoigne ce soutien assumée aux artistes et aux techniciens pour compenser l’annulation de l’édition 2020 : « Privé de ces moments de joie et de communion, le festival est resté fidèle à ses valeurs. témoigne Jacques Hubert. Une avance de 40% fut versée aux musiciens ainsi qu’aux techniciens afin de les soutenir dans cette épreuve. Une mesure exceptionnelle risquée mais salutaire. »

Plus qu’un concert, la conviction de transmettre un art de vivre.

Point de départ de cet accord original musique et vins, le couple Roux lancent Musique au Cœur du Médoc dont les activités se concentrent tout au long de l’année, sauf l’été. Dès 2003, Mme Roux poursuit la dynamique engagée en invitant l’été des lauréats de concours internationaux ; « les Estivales de musique en Médoc sont ainsi nées », rappelle Jacques Hubert qui prend la présidence au bout de la quatrième année. Il conserve les invitations aux lauréats de concours internationaux et bien évidemment rester dans le Médoc. « Deux particularités qui rendent les Estivales uniques » revendique-t-il sans détour. Nous sommes accueillis dans les châteaux du Médoc – de grands crus de préférence – et nos concerts sont toujours suivis d’une dégustation des vins des châteaux hôtes. Cet ensemble visuel, auditif et gustatif fait la qualité l’événement. »

Cultiver le goût du partage et de la découverte.

Comme chaque année, on ne change pas dans le Médoc des recettes qui marchent, la programmation donne à entendre une nouvelle génération d’artistes. Dans sa sélection, Jacques Hubert revendique une totale indépendance pour privilégier en premier lieu l’émotion : « les choix sont toujours guidés par la sensibilité ; entre un technicien parfait et un musicien qui me touche, l’avantage ira toujours au second. »

Rendez-vous dés le 30 juin avec les deux premiers concerts pour apprécier ce nouveau millésime estival.

Carnet de lecture de Jacques Hubert

Richard Strauss, Im Abendrot. Jessye Norman. Découvert tardivement, je pense qu’il faut une certaine maturité pour apprécier. Une très belle musique sur un poème de Josef Von Eichendorff. Une vision apaisante de la mort que je souhaiterais entendre à mes obsèques !

Giacomo Puccini, Tosca, E lucevan le stelle. Placido Domingo. Un hymne à la vie au moment du départ imminent, certes un peu plus désespéré que l’air précédent. Tosca est l’opéra qui m’a fait venir à l’opéra, une de mes passions. Puccini étant l’un de mes compositeurs d’opéra préférés. Contrairement à d’autres opéras Tosca raconte une vraie histoire dans un contexte historique réel. A écouter également dans le même contexte que l’air précédent.

Andrew Lloyd Webber, Requiem, Pie Jesu. Barbara Hendricks. Une petite merveille au milieu d‘un requiem qui est loin de l’être ! Étonnant pour ce compositeur surtout connu pour ses comédies musicales. La voix de Barbara Hendricks a des accents angéliques. Ce morceau a également toute sa place comme les deux précédents pour cette ultime occasion !

Arvo Pärt, Spiegel im spiegel. Écrit pour violon et piano, mais je préfère avec violoncelle. Un grand souvenir d’un rappel, lors d’un concert au château Lafite-Rothschild, avec le pianiste Romain Descharmes et Sergey Antonov au violoncelle. Une rare communion dans l’émotion.

Dimitri Chostakovitch, Concerto n°2 pour piano, Andante. Anna Vinnitskaya. Tout ce que j’aime dans Chostakovitch : la douceur et la violence, l’âme russe, la force et le dramatisme. Un de mes compositeurs préférés.

Sergueï Prokofiev. Concerto n°2 pour violon, Andante Assai. Itzhak Perlman. Une belle découverte lors d’une finale du concours de chef d’orchestre de Besançon, de même que la musique du film Alexandre Nevski. Un compositeur très prolifique qu’il me reste à découvrir !

Simon & Garfunkel. The boxer. La voix de Art Garfunkel et la musique de Paul Simon. Ma chanson préférée du couple qui me ramène à un souvenir très précis de ma jeunesse. The Doors, Riders on the storm, Dire Straits, Sultans of swing, Queen, Bohemian Rhapsody, Pink Floyd, Echoes. Les musiques que j’écoutais le plus dans ma jeunesse et que je continue d’écouter. Le génie de Jim Morrison, la guitare de Marc Knopfler, la voix de Freddie Mercury, le rock progressiste de Roger Waters et David Gilmour. Que du plaisir !

Le pansement Schubert, Claire Oppert. Une concertiste qui passe du temps dans les centres pour autistes et les unités de soin palliatif pour alléger les maux par la musique de son violoncelle. La preuve que la musique adoucit les mœurs et bien plus encore.

Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand. Ce livre n’est jamais loin, je ne sais combien de fois je l’ai lu et j’ai vu la pièce. C’est Le Livre, La Pièce, Le Personnage. J’ai rêvé de le jouer quand je faisais du théâtre. Ah, la tirade des “non merci » ! Et cette magnifique fin qui vous tire les larmes

Hunger Games, Suzanne Collins. Une dystopie qui vous prend et ne vous lâche plus, 3 gros volumes qui vous tiennent en haleine et vous fait vous sentir bien en France en 2021 ! Le début m’a un peu fait penser à la Servante Ecarlate de Margaret Atwood.

Un été avec Homère, Sylvain Tesson. Un très beau voyage en Méditerranée, sur les traces de l’Illiade et l’Odyssée. Très beau livre illustré par Laurence Bost et les belles écritures de Sylvain Tesson et Homère mélangées. Un beau rappel de la mythologie.

Soif de musique, Romel. Passionnant roman sur l’univers d’un pianiste concertiste et l’univers des concours internationaux de musique. A lire absolument quand on s’occupe d’un festival dédié aux lauréats de concours !

Le comte de Monte Christo, Alexandre Dumas. Je ne l’avais jamais lu, j’ai profité de deux semaines de trek dans le désert pour m’y plonger. Quelle écriture, quelle aventure ! Une histoire de vengeance au long court, à lire absolument !
Et puis, dans les derniers Goncourt : L’Anomalie, Hervé Letellier, Tous les hommes … Jean Paul Dubois, Au revoir la haut Pierre Le maitre: Chacun dans son style, je les ai beaucoup aimés par l’écriture, l’originalité …

Mes lieux médocains

  • La fameuse route des châteaux jusqu’à Pauillac, parsemée de prestigieuses appellations et châteaux renommés, avec en point d’orgue, à la sortie de Saint-Julien Beychevelle, la vue sur les châteaux Pichon Longueville, Baron et Comtesse, le château Latour, et la route bordée du mur blanc du château Léoville Las Case. Au loin « la rivère » Gironde et tout autour, une mer de vignes.

    La façade estuarienne de Pauillac, début de la route des Chateaux du Médoc

  • La route qui longe l’estuaire après Pauillac, avec son enfilade de carrelets.
  • Les chais circulaires du château Lafite-Rotschild, œuvre de l’architecte catalan Riccardo Bofill.

    L’excellente cuisine de Claude Broussard au restaurant Le Saint Julien.

  • Les chais circulaires du château Lafite-Rotschild, œuvre de l’architecte catalan Riccardo Bofill.
  • L’accueil familial de la famille Maroteaux au château Branaire-Ducru.
  • Le château d’Agassac avec son petit air de Belle au Bois Dormant et sa belle salle de réception / concert aménagée dans une partie de chais.
  • L’orangerie du château Batailley avec sa belle façade de verre donnant sur le jardin.
  • Le château Lagrange, son beau et grand parc et château Lascombes et ses immenses chais.

Pour retrouver Les Estivales du Médoc

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