Culture

A la recherche de l’Angèle 2021 : Armanet, Iliona, Benguigui, Yseult, Camélia Jordana, Clou

Auteur : Olivier Lauriot dit Prévost
Article publié le 5 février 2021

[Découvrir la variété en sens propre] Depuis le raz de marée de Brol en 2018, toute nouvelle artiste est immanquablement comparée à la chanteuse belge Angèle. Aussi posons directement la question : Qui sera la nouvelle Angèle de 2021 ? Le paysage féminin des perles francophones regorge de prétendantes : Juliette Armanet, Iliona, Flore Benguigui, Yseult, Camélia Jordana, Clou…

Bonne nouvelle ! Les occasions ne manquent pas, ces temps-ci, pour apprivoiser de nouvelles voix.

Au menu de l’Hypernuit, une nuit du 23 au 24 janvier 2021 dédiée par France Inter 100% variété française, se retrouve la crème du nouveau visage du style, sous la coupe amicale de Juliette Armanet. Hormis le featuring Rue Saint-Louis en l’Île avec Benjamin Biolay, cette excellente pianiste aux airs de Véronique Sanson s’est illustrée autant dans son premier album Petite amie que dans des apparitions acclamées, comme avec cette reprise de Michel Legrand à Cannes en 2018.

Plus suave, la voix pleine de caractère d’Iliona n’en est pas moins efficace dans l’exercice très classique qu’est le piano voix. A seulement 20 ans, la chanteuse apporte tout son cachet à Moins joli, qui laisse entrevoir un premier album sous le signe de la Tristesse sorti ce 5 février. Un piano simple soutient la diction claire et la mélodie entêtante de ce single. Avec Reste, Iliona oriente sa création vers des productions plus électroniques, sur un fond d’orgue et de percussions très réjouissantes.

Crochet du côté de la New-Disco. Comme un aperçu de leur futur album, Tako Tsubo, l’Impératrice signe début janvier un single qui reprend ce qui a fait les beaux jours de leur premier album : une basse ronde, un son dansant, et la voix sucrée de Flore Benguigui. A voir : la mise en image de cette sortie, Peur des filles, qui met en scène un court-métrage qui sent la pellicule et le faux sang par litres entiers.

Faut-il se fier alors à la prochaine Révélation féminine des 36e victoires de la musique ? Trois nominées, trois univers très différents.

Yseult. Si les plus avertis d’entre vous se souviendront de sa participation reconnue à la nouvelle star, il faudra vous y reprendre à deux fois pour la reconnaître. Sa personnalité exubérante et son phrasé lunaire la font rayonner sur la scène du concert des révélations le 26 janvier. La souplesse spectaculaire de sa voix et sa gestuelle travaillée rendent sa performance impressionnante. A la manière de Camélia Jordana, ses chansons laissent rarement indifférent, surtout quand elles sont le medium de messages politiques forts.

Changement de décor : Lous and the Yakuzas est aussi à l’aise dans l’interprétation de textes français chantés que dans des flows plus urbains. Son album, Gore, est un assemblage inattendu entre la percussion du rap actuel et la liberté aérienne de mélodies de variété. Elle emprunte et rend avec grâce à des styles musicaux variés. Ses performances laissent une impression d’insolente facilité, comme s’il suffisait de le vouloir pour trouver le mystère de ses mots.

Clou apporte sa fraîcheur et son élégance avec son premier album Orages. Autant de thèmes abordés avec finesse dans les averses intérieures que sont chacune des pistes du projet. La légèreté de ses chansons et l’apparente simplicité d’exécution laissent place à la qualité de la réalisation, avec l’aide de Dan Lévy de the Do. C’est une bouffée d’air frais, un nuage bienveillant dans une période brumeuse. La mise en image pleine d’humour de Comment laisse apercevoir une artiste rieuse, dont l’énergie et la bonne humeur sont contagieuses.

A la recherche de la nouvelle Adèle

  • Iliona, Tristesse
  • Impératrice, Flore Benguigui, Tako Tsubo
  • Yseult.
  • Lous and the Yakuzas, Gore
  • Clou, Orages

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