Culture

Le carnet de lecture de Michèle Albo, collectif Alya Théâtre Avignon

Auteur : Olivier Olgan
Article publié le 6 juillet 2022

Conçu comme un village théâtral, en plein cœur du Festival OFF, le collectif Alya Théâtre -Avignon propose avec ses trois sites – Alya L’Espace, Alya le théâtre, Le Chapeau d’Ebèn – 36 spectacles programmés quotidiennement (du 7 au 22 juillet 22). A l’instar de La Factory, sa mission est de créer face l’offre pléthorique du Off, une programmation de référence. Michèle Albo, co-directrice (avec Raymond Yana) présente à Singulars son exigence de vivre le Festival d’une autre façon dans tous les domaines de l’Art Vivant.

A l’instar de La Factory d’Avignon, une signature fédératrice comme Alya-Avignon s’impose-t-elle comme une nécessité pour être identifiée dans l’offre pléthorique du Off ?

 

Michèle Albo et Raymond Yana, co directeurs du Collectif Alya Avignon Photo Alya

 

Michèle Albo. Il semble évident que face à un nombre très important de lieux et de compagnies, la singularité est un atout pour exister. Mais cette identité, nous l’avons rêvée, créée et mise en œuvre depuis 27 ans maintenant.
Alors que le Off ne comptait que « 450 spectacles », nous avons voulu imaginer une autre façon de vivre le festival, que ce soit pour les compagnies, le public, les professionnels. Nous nous sommes inventé cette fonction de « directeurs de lieux ». Nous étions des comédiens, et nous voilà propulsés de l’autre côté de la barrière. C’est justement parce que nous sommes une compagnie (de la Courte échelle), que nous connaissons l’enjeu d’Avignon pour une compagnie et pour un spectacle, que nous partageons avec les compagnies que nous accueillons le quotidien du festival, que nous montons, démontons et jouons tous les jours que nous avons imaginé cette autre façon de gérer un espace qu’est la mutualisation. Nous étions tout seuls en 1996, mais notre façon de travailler a séduit de plus en plus de compagnies, les demandes se multiplient, d’où notre expansion.
Mais sans jamais oublier ce que nous avions décidé de créer.

Nous avons voulu imaginer une autre façon de vivre le festival.
Michèle Albo, co-directrice du collectif Alya-Avignon

Alya L’Espace offre un village théâtral, en plein cœur du Festival OFF photo Alya

Au-delà de la mutualisation des moyens techniques et humains, quel est l’enjeu des sept espaces scéniques proposés pour cette saison ?

Un enjeu artistique d’abord. Pour les compagnies, l’enjeu est que toute leur énergie  soit déployée au profit de leur spectacle, qu’elles se concentrent sur leur projet artistique.
Mais aussi pour nous car nous souhaitons faire une programmation lisible et séduisante pour le public et les professionnels.

Quels sont vos critères de sélection, sur plus de 200 troupes auditionnées, seulement 49 ont été retenues, avez-vous une ligne éditoriale ?

Le critère premier est le coup de cœur ! les spectacles que nous avons programmés nous ont touchés, émus, ravis.
Ce sont des spectacles que nous avons envie de défendre. Nous essayons de favoriser la variété des propositions (théâtre, clown, marionnette, danse, magie, opéra,…) afin de toucher un public le plus large possible.
Nous favorisons aussi l’ouverture des spectacle au jeune public, voire le très jeune public (nos plus jeunes spectateurs auront 1 an !).

Nous souhaitons aussi faire découvrir des écritures contemporaines, de jeunes compagnies émergentes.

ALYA Avignon 2022 une affiche de 36 spectacles

Quels sont vos coups de cœur de cette édition (ou le plus fier) et  dites nous en plus sur vos  « surprises » ?

Impossible pour nous de désigner un spectacle plutôt qu’un autre ! Nous sommes très fiers de notre programmation.
Dans le contexte sanitaire qui est notre quotidien depuis 2 ans, nous sommes ravis de pouvoir programmer cette année des compagnies qui devaient venir en 2020, des compagnies qui viennent de l’étranger et d’outremer.
Ce qui nous enthousiasme cette année particulièrement, c’est cette envie que nous sentons chez les compagnies, que nous partageons aussi, envie de jouer, envie de retrouver le public, envie de renouer avec le plaisir de la scène,… envie, envie d’être là, à Avignon, en 2022 !

Le carnet de lecture de Michèle Albo

Je crois qu’on peut dire que je lis comme je respire. Par nécessité, mais par envie aussi, surtout ! je crois que c’est l’objet dont je ne peux pas me passer. Je ne peux pas m’endormir sans lire, et je lis parfois jusqu’au bout de la nuit.
D’abord j’aime l’objet, je suis capable d’acheter un livre parce qu’il me plaît : une jolie couverture, un titre intrigant, et le voilà dans ma poche !
Autant dire que je suis incapable de lire sur une liseuse.

Il y a mes classiques, ces auteurs que j’ai lus et qui ont fait en partie ce que je suis : Simone de Beauvoir évidemment, mais aussi Voltaire, Molière, La Boétie et son « Discours de la servitude volontaire », Camus et Sartre qui ont guidé ma pensée adolescente et m’ont appris à poser un regard critique sur le monde.

J’aime ressentir des émotions, je pleure en lisant. Certains livres m’ont bouleversée au point de me retrouver à sangloter : Mon bel oranger de José Mauro de Vasconcelos ; Génie la folle d’Ines Cagnatti, ou encore plus récemment Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan. De l’émotion brute !

Après avoir vu une mise en scène de Un riche, Trois pauvres, je  me suis intéressée à cet auteur que je ne connaissais pas : Louis Calaferte. Le requiem des innocents, et C’est la guerre m’ont fascinée. Ce sont des livres que j’ai achetés des dizaines de fois : je les ai prêtés mais on ne me les a pas rendus…

Etre sans destin d’Imre Kersetz, Maus d’Art Spiegelman, La supplication de Svetlana Alexievitch qui nous emmènent vers les confins les plus sombres de l’humanité. Des écritures de silence, quand les mots deviennent impuissants mais que la littérature permet de transcender l’indicible.

Et la trilogie des jumeaux d’Agota Kristof : Le grand cahier, La preuve et le troisième mensonge. Là encore une écriture découverte après une mise en scène du premier volet par une compagnie chilienne La troppa (Gémélos)

Et Confiteor de Jaume Cabré, époustouflant, fascinant, vertigineux : voilà un livre que le hasard a mis sur ma route : d’abord attirée par la couverture, j’ai lu ce mot du libraire : « si vous n’aimez pas ce livre je vous le rembourse ».
Il ne m’en fallait pas plus ! un de mes derniers grands chocs de lectrice. Et tant d’autres…

Pendant le Off 2022, le collectif Alya Théâtre-Avignon propose 36 spectacles programmés chaque jour de 10h00 à 21h25 sur ses 3 sites de création et de diffusion d’Art Vivant :

  • Alya Le Théâtre (salle de 45 places créé en 2021) : 5 spectacles programmés, 2 créneaux de « Plateaux Ouverts » (entrée libre) chaque jour pendant le festival, soit 7 créneaux de 9h30 à 21h00 pour 46 spectacles pluridisciplinaires (théâtre, danse, musique, art de la marionnette, mime, Jeune Public, art clownesque, etc.) programmés tout au long du mois de juillet 2022
  • Alya Le Chapeau d’Ebène (salle de 130 places, créée en 2013) : 8 spectacles programmés chaque jour pendant le festival de 10h00 à 21h25*
  • Alya L’Espace (créé en 1996, historiquement le premier lieu du collectif) composé :
    • une amphithéâtre climatisé de 80 places
    • une yourte climatisée de 45 places
    • un espace scénique extérieur de 60 places,
    • sans oublier : un Plateau de télévision en extérieur, et une Guinguette pour se restaurer et prendre un verre.

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