Culture

Le carnet de lecture de Pierre Boudeville, chef de chœur et d'orchestre Oya Kephale

Auteur : Olivier Olgan
Article publié le 5 mai 2023

En pleine préparation du spectacle Les Brigands d’Offenbach du 12 au 19 mai au Grand Théâtre Armande Béjart d’Asnières-sur-seine au profit de l’association Cours Antoine de Saint-Exupéry, Pierre Boudeville chef de chœur et directeur artistique de la troupe lyrique de l’Oya Kephale nous a confié un carnet de lecture qui condense bien la trajectoire éclectique de l’ancien chanteur devenu chef, autant par vocation de transmettre que par ambition de remettre au goût du jour un vaste répertoire lyrique pas assez reconnu. 

Le carnet de lecture de Pierre Boudeville

La musique ayant très tôt fait partie de ma vie, sa capacité à émouvoir et à communiquer des choses profondes m’a toujours semblé une évidence.
Cela m’a pris plus de temps avec les autres formes artistiques. Il a fallu la rencontre avec des oeuvres spécifiques pour me faire comprendre comment une peinture, un livre, un film pouvait me parler avec la même force que la musique.

Harry Potter, J.K Rowling

Le début du chemin ! Peu enclin à lire pendant mon enfance, ce sont les livres de J.K Rowling qui m’ont fait découvrir, comme beaucoup d’adolescents de ma génération, le plaisir de la lecture. La faculté de l’auteur à susciter l’imaginaire m’a tellement marqué que je pense n’avoir lu que ces ouvrages pendant 2 ou 3 ans avant de me tourner vers d’autres horizons littéraires.

Fortune de France, Robert Merle

La lecture des Trois Mousquetaires de A. Dumas, lu peu de temps après, a révélé mon gout pour les grandes épopées historiques.
Plusieurs années plus tard, j’ai découvert Fortune de France, cette série de Robert Merle en 13 volumes qui suit les aventures d’un personnage fictif, puis de son fils, au contact de la grande Histoire pendant la période sanglante des guerres de religion aux XVIème et XVIIème siècles. Le souci du détail historique ainsi que la verve littéraire de l’auteur, dans un style imitant l’ancien français, me replonge à chaque fois avec délice dans cette époque

L’alchimiste, Paolo Coelho

J’ai lu ce livre à une période charnière de mon existence pendant laquelle je m’interrogeais beaucoup sur mes choix – ou plutôt mes non-choix. Ce conte philosophique, racontant le parcours d’un jeune berger qui part à la recherche d’un trésor enfoui au pied des pyramides, a mis en lumière mon souhait profond de me consacrer à la direction, tout en acceptant que mon parcours constituait un enrichissement sur le chemin de ma « légende personnelle ».

« Si vous écoutez votre cœur, vous savez précisément ce que vous avez à faire sur terre. »

La Transfiguration, Raphael

Lors d’une visite au musée du Vatican, le bleu éclatant de la partie haute du tableau m’a attiré depuis la pièce précédente et je suis resté un long moment subjugué devant ce tableau haut de quatre mètres.
Sans connaitre à ce moment la signification des scènes représentées, c’est la construction et les couleurs du tableau qui m’ont saisi, sa composition incitant l’œil, et avec lui l’être tout entier, à une forme d’élévation.
Cette expérience a changé drastiquement ma vision de la peinture et des arts plastiques en général.

Cyrano de Bergerac – Jean-Paul Rappeneau, adapté de la pièce d’Edmond Rostand

L’histoire de ce personnage chevaleresque sur fond historique avait déjà tout pour me plaire. Mais c’est la poésie du film qui m’a fait forte impression. Avec un texte magnifiquement porté par un Gérard Depardieu flamboyant, j’ai découvert avec délectation que les mots peuvent avoir leur musique.

Melancholia, Lars van Trier

Racontant la fin du monde – la planète Melancholia devant percuter la terre – et les différentes façons de se préparer à cet événement inéluctable, ce film développe une palette d’émotions pas toujours très gaies (on passe aussi parfois par l’ennui). Mais cette palette est servie avec une telle force que j’en suis sorti avec une intense envie de vivre et la certitude d’avoir vu un chef d’œuvre.
Le prélude du film sur la musique de Tristan et Isolde de Wagner est notamment un moment saisissant.

Et enfin, pour évoquer tout de même la musique,
quelques disques qui ont passé beaucoup,
beaucoup de temps dans ma chaine:

La symphonie du nouveau monde, Dvorak – Slovak Philharmonic, Kurt Rudel

Concerto pour piano N°3, Rachmaninov – Martha Argerich, Deutches Symphonie-Orchester Berlin, Riccardo Chailly

Découvert en premier lieu par le film Shine de Scoot Hicks, avec la magnifique interprétation de Geoffrey Rush.

La Folia – Jordi Savall, Rolf Lislevand, Michael Behringer Pedro Etevan, Adela Gonzalez-Campa

Nova Metamorfosi,  Le poème Harmonique, Vincent Dumestre

Goodbye Stranger, Supertamp

Pour suivre Pierre Boudeville et Oya Kephale

du 12 au 19 mai, 20h30 sauf 14 et 18, 17h Les Brigands d’Offenbach, Grand Théâtre Armande Béjart, 16 place de l’Hôtel de Ville, 92600 Asnières-sur-Seine – Réserver
Spectacle au profit de l’association Cours Antoine de Saint Exupéry

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