Cervin : au bonheur des dames, en bas de soie

Pour le bonheur des dames et de la beauté absolue de leurs jambes voilées de soie, Cervin tisse et tricote à Sumène (Gard) au fond d’une vallée cévenole. Avec passion et minutieuse recherche de la perfection. Plus que jamais ! Pour les élégantes du monde entier, pour Catherine Deneuve, Beyoncé ou les girls du Crazy Horse…

L’Arsoie, trois générations de savoir-faire dans le bas et le collant est le fabriquant exclusif de la marque Cervin dont la réputation repose sur la qualité et l’exclusivité de ses bas de soie couture « fully fashioned » en nylon cristal, en 100% soie et en cachemire, que les « belles » et leurs soupirants s’arrachent désormais sur internet avec ou sans porte-jarretelles. Le nec plus ultra de la production de Sumène pèse 7 grammes de voile de soie, pour 7 deniers, là où la concurrence s’affiche entre 40 et 50 deniers.

Les vieilles tricoteuses des années quarante remises au travail

Pour s’installer sur le toit du monde du bas de soie il a fallu réveiller des techniques du temps jadis, réputées dépassées avec des machines classées obsolètes. Les vieilles tricoteuses des années quarante, championnes du monde de la qualité, mais sûrement pas de la vitesse, sommeillaient dans des entrepôts désaffectés promises à la poussière, aux araignées et l’oubli que l’on pensait définitif. Aujourd’hui, ces Rolls du tissage, de la marque américaine Reading, vivent une seconde jeunesse à flux tendu. Dans le centre du village, derrière des portes de grange, on entend désormais le cliquetis de ces machines impressionnantes à plus de vingt tonnes qui façonnent les jambes en Soie ou en Nylon. Pour certains modèles avec des broderies sur le talon, cette machine à trente têtes réclame des heures et des heures de réglage pour deux spécialistes historiques qui sont les seuls à savoir bichonner ces chefs d’œuvre de la technologie. Les ingénieurs n’ont jamais pu faire aussi bien.

Cervin : au bonheur des dames, en bas de soie

Serge Massal, PDG de L’Arsoie, au milieu de 2 machines américaines Reading

« Elles étaient arrivées ici, dans la vallée au lendemain de la deuxième guerre dans les valises du plan Marshall. Elles avaient été abandonnées pour manque de performance. Pas assez rapide forcément. Nous avons eu le bonheur de les retrouver, de les remettre en marche en 1996. Et depuis c’est l’embellie » raconte Serge Massal, 62 ans, le PDG de L’Arsoie, troisième génération de fabricants, passionné et méticuleux.

Le « slow made » de Sumène

« Ici la vitesse d’exécution n’est pas un critère. Sûrement pas. On prend le temps de faire les choses comme il faut. Tout ce qui compte c’est la qualité. Il faut une heure pour tricoter un bas. Ensuite la couture est faite à la main pour qu’elle soit bien droite » ajoute Marc Laurent, directeur général et apôtre absolu du « slow made », pour placer l’humain au centre du dispositif et travailler sur des matériaux de qualité exceptionnelle, origine France à 100 %. « Le fil de soie vient de Chine. Mais il est mouliné par les meilleurs qui soient dans le monde, à Lyon, par les textiles Lacroix. Car la qualité du moulinage et du fil détermine la qualité du produit. Les dentelles que nous utilisons viennent de Desseilles Fabrics, une maison historique de Calais. Avec eux, nous sommes exactement dans le même esprit de conservation du savoir-faire et du patrimoine industriel français » poursuit Marc Laurent qui pianote sur son ordinateur pour recenser en temps réel les commandes qui arrivent du bout du monde en cette période de fêtes.

Cervin : au bonheur des dames, en bas de soie
Des bas uniques, en forme de cône avec un talon

Les clients du net, que Cervin fait rêver, sont en Chine, en Arizona, au Chili, en Argentine pour représenter aujourd’hui 40 % du chiffre d’affaires. Dans la grange au cœur du village, Serge Massal avec son flair et sa minutie trace déjà la courbe ascendante de Cervin. « Nous sommes imbattables sur la qualité et la conception. Nous sommes les seuls à faire des bas en forme de cône avec un talon pour respecter la forme de la jambe de la femme. Demain notre technique de tricotage va nous permettre de confectionner des vêtements en soie » sourit-il. Son regard s’illumine. Deux de ses techniciens sur Reading sont en chasse dans la Drôme pour rapatrier deux « princesses technologiques du tricotage ». A Sumène, le bonheur des Dames et le galbe absolu de leurs jambes qui arpentent l’univers s’inscrivent dans l’éternité.

Cervin : au bonheur des dames, en bas de soie
Une Entreprise du Patrimoine Vivant

L’Arsoie (SAS) a été créée en 1918 au lendemain de la première guerre mondiale par Auguste, grand oncle de Serge Massal l’actuel PDG de l’entreprise, aujourd’hui classée Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV). Vingt-huit personnes travaillent dans cette société en pleine croissance. Elles sont formées en interne sur des tâches de bonneterie et de tissage et recrutées sur la base de la motivation et du savoir être. 70 % de la production est exportée, notamment aux Etats-Unis, en Chine et en Grande Bretagne.
Adossée à la tendance Vintage et à la montée en puissance du glamour.

Cervin : au bonheur des dames, en bas de soie

Porte-Jarretelles Cervin