Chez Ernest Cycle, il n’y a rien de tel que le vélo en bambou

En vélo, les vibrations du pavé cassent le dos. Voilà pourquoi deux jeunes ingénieurs fraîchement diplômés de l’Ecole Supérieure du Bois de Nantes, passionnés de vélo, se sont intéressés à un matériau naturel, le bambou, pour fabriquer une bicyclette très haut de gamme qui absorbe les chocs. A découvrir chez Ernest Cycle à Nantes.

Chez Ernest Cycle, il n’y a rien de tel que le vélo en bambou

Vélo B RM 4, le plaisir sans vibrations. Photo © DR

‘’Dans Paris à vélo on dépasse les autos, à vélo dans Paris on dépasse les taxis’’ chantait déjà en 1972 le cher Joe Dassin. Pour Valentin Diot et Louison Charpentier, il n’y a aucun doute. Le vélo est de très loin le moyen de transport idéal. A Paris comme ailleurs. Gratuit, écologique, sportif, le vélo favorise les contacts et permet de découvrir les paysages en respirant le grand air. Sauf que les vélos en acier sont parfois lourds et surtout transmettent les vibrations de la route avec une fidélité proche du hi-fi. Quelques heures à ce régime et c’est tout le corps qui trinque. Bien sûr, de nombreux cyclistes ont opté pour des cadres en carbone qui absorbent bien mieux les vibrations. Conçus pour la course, ces vélos sont tellement rigides qu’un petit choc suffit pour chuter.

Chez Ernest Cycle, il n’y a rien de tel que le vélo en bambou

L’Iron Bambou, seule variété de bambou assez solide pour être produire des vélos est communément utilisée en Chine, notamment pour fabriquer des échafaudages. Ici Le modèle B RM 5 d’Ernest Cycle. Photo © DR

L’Iron Bambou aussi solide que souple

Alors pourquoi pas le bambou ? Valentin a découvert les mérites de ce matériau au cours d’une année de césure passée en Chine, où cette plante utilisée à toutes les sauces, y compris pour fabriquer des échafaudages ! « Il faut savoir que sur deux mille variétés de bambou, il n’y en n’a qu’une assez solide pour construire nos bicyclettes, l’Iron Bambou » explique Valentin Diot.

Notre ingénieur fabrique son premier vélo dans le garage de la maison familiale. Il profite des conseils de son papa, menuisier de son état. Une véritable romance de start-up. Le cadre est en bambou. Les jointures sont en fibre de lin, réputée pour sa longueur et sa résistance. Le tout est verni soigneusement pour éviter que les couleurs se craquellent quand le bambou gonfle sous l’effet de la chaleur ou de l’humidité.

Chez Ernest Cycle, il n’y a rien de tel que le vélo en bambou

Le B RM 6 Gravel : Moyeu Rohloff et sellerie Brooks, du très haut de gamme ! Photo © DR

Du super haut de gamme

Le reste de la bicyclette est plus traditionnel. Sauf que Valentin et son compère Louison (un nom prédestiné pour un artisan de la « petite reine ») sélectionnent soigneusement les pièces chez des fournisseurs très haut de gamme. Par exemple, le fabricant allemand Rohloff fournit le moyeu de la roue arrière qui gère les 14 vitesses de la bicyclette. Gates signe la courroie qui se substitue à la bonne vieille chaîne qui saute toujours dès que l’on appuie fort sur les pédales. Brooks assure la sellerie et les sacoches pour les randonneurs.

Chez Ernest Cycle, il n’y a rien de tel que le vélo en bambou

Le modèle city-luxe. Photo © DR

Du sur mesure…

Le vélo de Valentin (celui fabriqué dans le garage) séduit immédiatement ses copains. Les commandes tombent malgré le prix et les délais. Un vélo, deux vélos…. Aujourd’hui, installés à Nantes, les deux compères ont monté leur entreprise, trouvé un local qui leur sert de showroom et d’atelier et servent leurs clients. Ils arrivent à fabriquer 2,5 bicyclettes par mois et leur carnet de commandes est plein pour quatre mois. Après cet article, nul doute que le chiffre d’affaires va encore grimper. Pourtant, le prix est à la hauteur de la qualité de fabrication : entre 9 000 et 15 000 euros selon le modèle et les options choisies. Car les clients ont le choix entre trois modèles : un vélo de ville avec un guidon droit, un autre pour la route avec guidon de course. Et un troisième modèle, un ‘’gravel’’ ces nouveaux vélos qui servent aussi bien sur route que sur les petits chemins qui sentent la noisette. J’allais oublier : chaque vélo est fabriqué sur mesure.

Chez Ernest Cycle, il n’y a rien de tel que le vélo en bambou

Valentin Diot, cofondateur d’Ernest Cycle, dans l’atelier de fabrication. Photo © DR

Encore deux informations essentielles, ces vélos sont commercialisés sous la marque Ernest. Un nom choisi en hommage à Ernest Michaux, l’inventeur du pédalier. Enfin, le bambou répond-il aux attentes et aux promesses de ses concepteurs ? Et bien oui. Le journaliste de Singular’s a eu la chance d’essayer le vélo de ville en avant-première sur les pavés parisiens. Le bambou absorbe vraiment les vibrations, beaucoup mieux qu’une bicyclette en acier ou en carbone. Mes bras n’ont pas tremblé et mon vieux dos n’a pas souffert. Aujourd’hui, un ambassadeur de la marque effectue un tour du monde sur une bicyclette Ernest. Arthur Desclaux a déjà parcouru 12 000 kilomètres et visite aujourd’hui la Thaïlande. Ses commentaires de voyage sont plus qu’élogieux. Pour rien au monde, il ne confiera son fessier à une autre bicyclette.