Culture

Cinéma en salles : Avatar, La Voie de l’Eau, de James Cameron (2022)

Auteur : Calisto Dobson
Article publié le 19  janvier 2023

avec Sam Worthington, Zoë Saldana, Sigourney Weaver, Kate Winslet. 195 mn

Ne pas aller voir en salles, Avatar La Voie de l’Eau, avertit Calisto Dobson,  c’est se priver d’une féérie visuelle et d’un enchantement émotionnel qui renvoient aux origines même de la magie du cinéma. Une surprise proprement sidérante, réalisée par James Cameron, telle que celle ressentie par ceux tombèrent de leur chaise devant l’ arrivée du train en gare de la Ciotat, filmée en 1897 par les frères Lumière. Et annonce le cinéma du futur, où les acteurs gardent toujours une place prépondérante, quelque soit leur avatar.

Du naufrage annoncé du Titanic

De longs mois avant sa date de sortie annoncée en 2017, le magazine Variety annonçait avec prémonition qui l’honore l’évident naufrage de l’ambitieuse reconstitution de la catastrophe du Titanic par James Cameron. À peu près à ce moment-là, après avoir obtenu la construction d’une maquette du navire au trois-quarts dans un désert du Mexique, reproduit minutieusement les décors jusqu’à la vaisselle à l’identique, le réalisateur de Terminator annonça renoncer à son salaire pour se contenter (seulement) d’un pourcentage sur les recettes. Des mois de retard sur le tournage laissaient présager du pire. Il en advint un tel succès que même un Lapon perdu au fin fond de sa toundra glaciale en a entendu parler.
Pour fêter ses 25 ans, le film fait peau neuve en 4K et en relief pour une sortie en salle le 8 février prochain.

à l’incrédulité d’ Avatar (2009)

Lorsqu’en nouveau millionnaire auréolé de 11 Oscars, Cameron déclara qu’il travaillait sur un mystérieux projet sobrement titré Avatar, le monde entier en avait les mirettes qui salivaient. Le résultat fût bien plus qu’à la hauteur des espérances éveillées.

En 2009, Avatar ravagea le box-office avec ses 3 milliards de dollars de recettes. Resortie en salle en septembre, il faut le premier au box office français pendant plusieurs semaines….

Avec les péripéties du COVID du rachat de la FOX par Disney, très vite James Cameron annonçait qu’avec Avatar 2, le 3 était quasi achévé pour une sortie en 2025, et plusieurs suites seraient données en fonction de l’accueil…. Ce pari à la fois artistique (et économique), il faut bien le dire, ne s’était jamais vu au cinéma. Depuis Star Wars et Les Seigneurs des Anneaux,  aucune saga cinématographique n’a vraiment réussi à créer un univers aussi fantasmagorique que celui de la planète Pandora.

C’est dire si Avatar, La Voie de L’Eau suscita une attente titanesque et si la barre technique (du succès) était haute. Les premières bandes annonces ne firent qu’entériner nos ardeurs. Nous allions pour la troisième fois d’affilée être bluffés par la maestria technique déployée.

Remettre la 3D en salles

À lui tout seul James Cameron a remis ce que nous appelions le relief, aujourd’hui la 3D sur la carte du cinéma mondial. Pour ce faire, le réalisateur habitué aux challenges techniques (Abyss, Titanic, Terminator) a dû développer des caméras qui n’existaient pas. C’est bien pour cette raison qu’il lui a fallu plus de temps que Peter Jackson pour mettre sur pied et filmer ses deux trilogies Tolkiennes.

On peut changer bien des choses grâce à la technique mais dans « capture de performance »,
il y a « performance ».
Sans elle, sans l’imagination des interprètes,
il n’y a tout simplement pas de film.
James Cameron

Une adhésion émotionnelle salutaire

Si certains esprits chagrins déplorent qu’il ne s’agît là, après tout, que d’un western cosmique surgonflé aux stéroïdes numériques, Avatar 2 est si hypnotisant visuellement que vous en oubliez pratiquement l’histoire qui se déroule sous vos yeux.
Pourvu d’un message écologique et d’un point de vue féministe éclairé, la puissance visuelle des images digitales force une adhésion émotionnelle salutaire.  Qu’on le veuille ou non, le film nous emporte très loin de notre galaxie. Au point de nous donner l’impression à la sortie en salle de revenir sur une terre étrangère, en nous demandant ce que nous pouvons bien faire là. Comme si, notre réalité bien terrienne serait qu’un point de chute de retour de Pandora.

La technique pure ne suffit pas,
il est indispensable d’avoir une histoire qui tient la route
et des émotions pour que le public soit happé.
James Cameron

Un habitué des défis prométhéens

James Cameron a désormais la tâche encore plus lourde, celle de ne pas décevoir avec les trois épisodes encore à venir. Faisons lui confiance, en nous remémorant que c’est lui qui avait su réaliser en 1986, Aliens, une suite mémorable au film de Ridley Scott, Alien (1979), ce qui semblait impossible.

En bon stratège du genre, le Napoléon digital avait réussi avec son Aliens à imprimer de très fortes impressions sur nos prunelles. Ce qui se recélait déjà en germe se manifeste ouvertement avec ce grand œuvre qu’est Avatar 2 : le cinéma du futur pas moins.

L’être humain pourra peut-être un jour être remplacé par la technique,
mais ce n’est pas le cas aujourd’hui. 

Le retour du public en salles

Autre reconnaissance, le réalisateur, loin de se décourager, sait ramèner au bercail des salles obscures, une foule de délaissés par de trop nombreuses productions bruyantes et lassantes. Avatar se révèle être le genre de film qui ne peut que se voir autrement que sur un grand écran. Surtout si le spectateur opte pour la 3D. Le regarder sur un téléviseur si grand soit il ou pire sur tablette ne peut être qu’un visionnage qui dénature l’intérêt intrinsèque du film.

Bienvenue dans le monde liquide d’Avatar

 

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