Culture

Pour réussir votre Parcours des Mondes, entrez dans la Galerie Larock-Granoff

Auteur : Régine Glass
Article publié le 11 septembre 2020

A l’occasion de la 19e édition de Parcours des Mondes qui consiste à faire découvrir les Arts premiers, asiatiques et archéologiques à travers le choix de 44 galeries d’art jusqu’au 13 septembre dans le quartier des Beaux-Arts de Saint-Germain-des-Prés, Singular’s a retenu parmi toutes ces invitations au voyage, l’initiative de la Galerie Larock- Granof, 13 Quai de Conti, qui met en regard arts premiers et la nouvelle école de Paris.

Saura Autoportrait (1989) + Masque SONGYE (Congo) Galerie Larock-Granoff © Olivier Olgan

Les ‘Visages et correspondances’ subjectives de la Galerie Larock-Granoff

Dans les vastes salles de la Galerie envahies de lumière, les correspondances sautent littéralement aux yeux, et ne manquent pas de fasciner, que ce soit ; La nature morte aux harengs de Soutine rapprochée d’une sculpture Embete (Gabon, XIXe siècle), deux autoportraits de Saura aux cotés de masques ou encore cette huile sur papier de verre signée Miro de 1936 face à trois masques Punu (Gabon) …..

« Attention, ces associations sont subjectives, assume Edouard Larock pour sa première participation au Parcours des Mondes. Ces correspondances poétiques sont le fruit du hasard, et de notre curiosité. » Dépositaire d’un héritage qu’il souhaite faire fructifier, le jeune galeriste veut décomplexer l’art pour la nouvelle génération, un peu comme la Nouvelle Ecole de Paris très bien représentée sur ses murs a souhaité prendre ses distances avec le cubisme….

L’ Effacement -Achrome Temps F et le masque heaume Fang © Regine Glass

 

Des propositions esthétiques parfois radicales

Mais des correspondances visuellement vertigineuses notamment les œuvres à redécouvrir de Claude Bellegarde dont l’ Effacement -Achrome Temps F (1957) se confronte à la patine blanche d’un masque heaume Fang (Gabon, fin XIXe siècle) ou encore ce Vorace de 1970 qui garde sereinement les arrières de ce masque Senoufo (Côte d’Ivoire, fin XIX, de l’ex-collection prestigieuse Pierre Vérité.
Le galeriste est aux petits soins pour expliquer ses choix et la qualité des œuvres, plutôt abordables et capable de séduire le plus grand nombre.

Le choc des cultures, le poids des sculptures

Plus qu’un parcours, c’est à une véritable tour du monde de l’art. Considéré depuis 2002, date de sa première édition, comme le plus important salon international d’arts extra-européen, asiatique et archéologie par le nombre, la qualité et la diversité de ses participants, l’édition 2020 célèbre la fin des étiquettes et balaie enfin toutes les frontières historiques.

Pour rassembler les plus beaux objets de 44 galeries d’art dans le quartier des Beaux-Arts de Saint-Germain-des-Prés, réparties pour les amateurs en trois catégories spécialisées ; en arts dit tribaux, d’Afrique, Océanie, des Amériques ou d’Indonésie ; en art de la Chine, du Japon, et de l’Inde, et enfin en archéologie classique, regroupant les marchands d’art grec et romain classique, de Mésopotamie et Moyen-Orient, ou encore d’Egypte. Autant marchands que collectionneurs, à chacun de rivaliser de mises en scènes et de valorisation de leurs catalogues (accessible en ligne)

A l’instar de ceux de la galerie Galerie Larock- Granoff, certains face-à-face méritent le détour comme chez Bernard Dulon (Paris) qui rapproche le sculpteur belge Jan Calmeyn et l’art africain, ou Julien Flak (Paris) qui revendique la « Poésie féroce, des arts anciens de Nouvelle- Irlande » enfin, Stephane Jacob présente une multitude d’artistes aborigènes utilisant la technique du ‘dot painting’, fascinants de couleurs et de sérénité, sans oublié Abbie Loy Kemarre.

Histoire d’une galerie au féminin 

Katia Larock-Granoff (1896-1989) poétesse et galeriste © DR

Jeune Russe diplômée en littérature et sciences sociales, Katia Larock-Granoff ouvre sa galerie en 1924, juste deux années après être arrivée à Paris en travaillant comme secrétaire au Salon des Tuileries.

Sa signature (ou la nécessité du marché) l’amène à acquérir et à représenter les artistes dont les œuvres n’ont pas trouvé de marchands. Ainsi deviendra-t-elle l’ambassadrice de nombreux peintres russes en exil comme elle, parmi eux : Chagall, Soutine et participe à la découverte des peintres puristes comme Ozenfant, et certains abstraits comme Kolos Vary, tous ces artistes resteront de proches amis de la famille.

C’est aussi elle qui fera redécouvrir le dernier Monet et ses Nymphéas dans les années 50 notamment aux écoles abstraites (américaines et parisiennes). L’avant-gardisme et le flair artistique de cette grande dame,  poétesse à ses heures qui a réussi à se faire une réputation et un nom. Sa générosité envers nos musées nationaux Orsay et Le Louvre et son énergie ont toujours été reconnues dans un milieu fortement masculin. Ce sont toutes ses qualités qu’elle transmettra avec brio à son neveu Pierre Larock qui reprendra avec ses fils la galerie pour à leur tour promouvoir les artistes de la nouvelle école de Paris dont Hantaï, Rebeyrolle, Messagier, Bellegarde, Duvillier… dont les œuvres sont toujours accrochées sur les cimaises de la Galerie.

Claude Bellegarde La Vorace (1970) masque Senoufo (Côte d’Ivoire) Galerie Larock-Granoff © Olivier Olgan

 

En 2020, c’est au tour de la quatrième génération de développer la galerie : Edouard Larock- Granoff descendant unique de Pierre, unique neveu de Katia est un jeune trentenaire curieux, enthousiaste et ouvert. Il souhaite comme sa grande tante faire découvrir les artistes de sa génération et proposer des pièces abordables pour que ses clients puissent s’associer à la seule véritable collaboration artistique qui fait du trio artiste- marchand – amateurs une vraie réussite collaborative de l’art.

Informations pratiques pour s’organiser ce week-end

Parcours des mondes jusqu’au 13 septembre.

  • Samedi 12 septembre : 11 – 19 heures
  • Dimanche 13 septembre : 11 – 18 heures

Galerie Larock-Granoff 13, Quai de Conti, 75006, Paris
Contact : +33143544192

https://youtu.be/LYcVToOqbTo

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