Culture

Evelyne Jouanno, commissaire d’expositions, d’une famille à l’autre

Auteur : Anne-Sophie Barreau
Article publié le 1er janvier 2024

C’est une scène artistique en prise étroite avec le politique et le fracas du monde que questionne depuis toujours la curatrice Evelyne Jouanno. En témoigne J’ai une famille (Musée national de l’histoire de l’immigration, jusqu’au 18 février 2024) l’exposition dont elle signe le commissariat en duo avec Hou Hanru qui célèbre dix artistes de l’avant-garde chinoise installés en France, liés dans la création comme dans la vie, et communauté artistique fondatrice dans son parcours. Echos Eugène Jouanno (Centre d’art contemporain de Briançon, jusqu’au 29 février 2024), deuxième exposition dont elle assure le commissariat, retrace le parcours créatif de celui qui continue de marquer de son empreinte le Briançonnais, c’est à son père Eugène qu’elle rend magnifiquement hommage à travers un pas de côté par rapport à sa pratique habituelle. Cette férue de Renaissance se confie à Anne-Sophie Barreau sur ce double retour aux sources. 

Révolution artistique

Je me destinais à étudier la renaissance italienne. Soudain, c’est d’une autre renaissance dont j’étais le témoin privilégié et j’ai changé de cap.
Evelyne Jouanno

Quelle est la genèse de « J’ai une famille, 10 artistes de l’avant-garde chinoise installés en France » ?

Evelyne Jouanno, commissaire d’expositions Photo Evelyne Jouanno

[Evelyne Jouanno] Après l’exposition « J’ai deux amours«  que nous avions organisée Hanru et moi pour le Musée national de l’histoire de l’immigration en 2011, avec déjà Isabelle Renard comme co-commissaire interne, nous avons été invités en 2019 à proposer un nouveau projet pour la Saison Asie que le musée préparait. C’est aussi le moment où Huang Yong Ping disparaissait brutalement, un choc pour notre petite communauté sino-parisienne avec laquelle j’avais grandi artistiquement. Ces circonstances ont ravivé un vieux projet qui tout à coup faisait sens : retracer pour la première fois l’œuvre et la trajectoire exceptionnelle des artistes de l’avant-garde chinoise émigrés en France dans les années 1980-1990, qui, au-delà de parcours et d’expressions distincts, forment une famille artistique unique à notre époque contemporaine.
J’ai rencontré plusieurs d’entre eux, mais aussi Hou Hanru, en 1990, alors que je travaillais pour l’exposition Chine Demain Pour Hier à Pourrières, au pied de la montagne Sainte Victoire. C’était la première fois que des artistes contemporains chinois de la diaspora étaient réunis. Le commissariat était assuré par Fei Dawei resté en France après avoir été invité par Jean-Hubert Martin pour l’exposition Magiciens de la terre (Beaubourg 1989). À cette période, je me destinais à des études poussées sur la Renaissance italienne, mais c’est d’une autre renaissance dont j’étais soudain le témoin privilégié, et j’ai changé de cap.
En nous installant à Paris, Hanru et moi avons commencé à beaucoup voir ces artistes et à travailler avec eux. Indépendamment de leurs talents respectifs, j’ai rapidement été frappée par l’entraide constante, et par les liens solidaires qui se sont tissés et ont très vite évolué vers une amitié quasi fraternelle. Cette famille est née dans un contexte de migration, sous l’impulsion notamment de Yan Pei-Ming, le premier à être arrivé en France et qui, à la façon d’un grand frère ou d’un oncle, n’a eu de cesse d’aider les artistes arrivés après lui.

L’idée de « famille » est rare et peu valorisée dans le monde de l’art contemporain. Elle joue pourtant un rôle moteur dans son organisation et mérite d’être mise en lumière à l’heure où l’individualisme prédomine.

Vous évoquiez à l’instant Magiciens de la terre, cette exposition, présentée simultanément au Centre Pompidou et à La Grande Halle de la Villette, qui en 1989 a fait date

 Cet événement représente un véritable tournant. Il a en effet fallu attendre 1989 pour que des artistes et créateurs de toutes les régions du monde soient présentés ensemble dans une institution culturelle. Ainsi, pour la première fois, des productions artistiques occidentales côtoyaient des productions non occidentales, dont celles de trois artistes chinois, Gu Dexin, Huang Yong Ping, et Yang Jiechang – ces deux derniers sont ensuite restés en France. Magiciens de la terre est également à l’origine de débats essentiels et de nouvelles stratégies curatoriales associées au post-colonialisme et à la globalisation en cours, lesquels ont notamment permis une plus grande visibilité des artistes non occidentaux.

Pourquoi ces artistes ont-ils choisi la France ?

Shen Yuan, Empreinte digitale, Photo Evelyne Jouanno

En fait, dès la fin du XIXe siècle, le gouvernement chinois a offert des bourses aux jeunes Chinois afin de partir étudier aux États-Unis, en Angleterre, en France, etc. et plus tard en URSS. De nombreux artistes et intellectuels sont ainsi allés à Paris. À leur retour en Chine, leurs œuvres témoignaient de leur immersion dans la scène artistique de l’époque, qui allait de l’académisme français au fauvisme, au cubisme, à Dada, etc. Mais ces échanges se sont brutalement interrompus avec l’arrivée au pouvoir de Mao Zedong. À l’exception du réalisme socialiste et de la propagande d’État, il était impossible de s’exprimer.

Avec la réouverture de la Chine au monde extérieur due à la politique de réformes lancée par Deng Xiaoping dès 1979, les artistes renaissent. Ils cherchent alors à absorber autant que possible la culture occidentale qui s’était développée pendant les trois décennies d’isolement, aussi bien dans le champ de l’art que dans ceux de la littérature et de la philosophie. Dans le même temps, ils revisitent les traditions bannies pendant la Révolution culturelle comme le zen et le taoïsme chinois. Ils s’imprègnent de cette matière tout en s’efforçant de trouver leur propre langage, marqué notamment par un esprit de liberté et d’expression créative défiant les normes établies de l’art officiel. Partout en Chine des mouvements déclarés d’avant-garde émergent et le paysage culturel se renouvelle en profondeur. C’est aussi à cette période qu’un grand nombre d’artistes cherchent à connaître le monde et à émigrer, souvent pour confronter leur travail aux terrains les plus dynamiques de la création contemporaine comme New York, Londres ou Paris.

Parmi eux, plusieurs s’installent en France, comme Huang Yong Ping qui en Chine avait fondé le mouvement Xiamen Dada et avait été l’un des artistes les plus influents, inspiré par les travaux de Marcel Duchamp, de John Cage, mais aussi de Wittgenstein, de Roland Barthes et de Michel Foucault.

Identité globale

Les œuvres s’articulent de manière à former un ensemble organique, selon un parcours abordant des thématiques communes qui reflètent également les transformations de la scène mondiale au cours des trois dernières décennies.

Quelles sont les lignes de force de l’exposition ?

En préambule de l’exposition se trouve Le Monde de Wang Du, sculpture monumentale qui fait référence au célèbre quotidien et le représente comme une boule de papier froissé jetée au sol, symbolisant le fort désir des artistes de réinventer le monde lorsqu’ils sont arrivés en France. Ensuite les visiteurs sont invités à choisir entre deux voies d’accès pour entrer dans l’exposition, avec l’installation Passage de Huang Yong Ping qui les place dans la situation des voyageurs arrivant au point de contrôle des passeports dans un aéroport. Les accès sont surmontés de panneaux lumineux indiquant d’un côté « EC Nationals » (Ressortissants CE) et de l’autre « Others » (Autres). Chaque accès est délimité par une cage contenant des planches et écuelles ayant séjourné dans les cages aux lions du zoo de Vincennes et qui en portent encore les traces et les odeurs. Une œuvre, qui d’entrée donc, met en évidence le contrôle et la discrimination qui se manifestent dès l’arrivée dans un pays.

Huang Yong Ping, Passage, 1993-2023 J’ai une famille au Musée national de l’histoire de l’immigration, Photo Evelyne Jouanno

L’exposition réunit ainsi une sélection d’œuvres emblématiques produites par ces artistes depuis leur arrivée en France. Celles-ci s’articulent de manière à former un ensemble organique, selon un parcours abordant des thématiques communes qui reflètent également les transformations de la scène mondiale au cours des trois dernières décennies : l’exil, le post-colonialisme, la société de consommation et d’information, la place des nouvelles technologies, l’importance du féminin et celle de la spiritualité.

L’exposition met également en avant la diversité des œuvres présentées. Beaucoup sont monumentales et spectaculaires, d’autres sont plus discrètes mais tout aussi frappantes, comme Empreinte digitale de Shen Yuan, une tranche de jambon sur laquelle l’artiste a brodé avec du fil d’or l’empreinte de son pouce. En cours d’exposition, le jambon subira d’inévitables transformations pouvant évoquer le corps en transition, tandis que l’empreinte digitale, emblème de l’identité, ne pourra s’altérer, ni même disparaître. Cela fait de cette petite œuvre à l’aspect fragile une représentation puissante de l’expérience vécue de l’exil et de la migration.

S’agissant des œuvres monumentales, il y a notamment deux œuvres saisissantes, La Joconde revisitée par Yan Pei-Ming fait face au portrait de la mère de l’artiste

Oui, ces deux œuvres sont de mêmes dimensions et mises en regard dans la section « Un monde au féminin » de l’exposition. Elles représentent un vibrant hommage de Yan Pei-Ming aux figures féminines qui ont marqué sa vie personnelle et sa vie artistique. J’avais été très touchée par le portrait monumental de sa mère qu’il avait exécuté dans le cadre d’un hommage à Courbet au Musée d’Orsay en 2018, et alors que sa mère venait de disparaître. Il avait aussi déclaré : « Ma mère était une personne ordinaire, mais je l’ai peinte à la même échelle que les icônes de l’histoire ». Par ailleurs lorsque Ming est arrivé en France, il dit s’être empressé d’aller voir La Joconde au musée du Louvre, « une référence absolue » selon lui.  Et quand en 2009 il a été invité à exposer au Louvre, c’est justement avec cette icône de l’art occidental qu’il a choisi d’engager un dialogue, expliquant notamment : « Monna Lisa est pour moi un modèle, ce n’est pas une peinture, mais une femme qui a posé pour Léonard et qui pose maintenant pour moi ». Le portrait Monna Lisa, le dernier sourire bleu et blanc, présent dans J’ai une famille a été spécialement exécuté pour l’occasion, et pour dialoguer, cette fois, avec sa mère.

Yan Pei-Ming, Ma mère, 2021 et Monna Lisa, le dernier sourire bleu et blanc, 2023, J’ai une famille au Musée national de l’histoire de l’immigration, Photo Evelyne Jouanno

Beaucoup d’œuvres font écho à l’actualité, ‘Round table‘ de Chen Zhen illustre tristement la crise du multilatéralisme dont nous sommes témoins à travers la guerre entre Israël et le Hamas

Round table, qui appartient aujourd’hui au CNAP, a été conçue en 1995 pour marquer le 50e anniversaire de l’ONU et montrée pour la première fois sur la place du Palais des Nations à Genève. C’est à la fois une table de conférence mais aussi la table d’un grand dîner chinois avec au centre, gravés en chinois, des extraits de la Déclaration des droits de l’homme. Des chaises provenant de différentes régions du monde y sont encastrées. Il est donc impossible de s’asseoir, encore moins de discuter. Pourtant le dialogue et la communication sont nécessaires, et l’espoir de paix essentiel, comme l’évoque une des chaises, un prie-Dieu.

Chen Zhen, Round table, 1995, J’ai une famille au Musée national de l’histoire de l’immigration, Photo Evelyne Jouanno

Je pense aussi à une autre œuvre de Chen Zhen qui figure dans l’exposition et qui appartient au musée, Un-interrupted Voice, une série de trois chaises transformées en tambours. Il s’agit de la représentation disons réduite d’une œuvre plus vaste conçue en 1998 pour le musée de Tel-Aviv dans une optique de paix, un ensemble de chaises et de lits de différents pays recouverts de peaux tendues sur lesquelles on est invités frapper afin de « chasser le stress et retrouver un équilibre psychique et émotionnel ».  C’est une œuvre qui invite à la rencontre, au partage, ou, pour citer encore l’artiste, au « dialogue entre l’esprit et le cœur, et entre les gens ».

Du Zhenjun, Vent, 2003, J’ai une famille au Musée national de l’histoire de l’immigration, Photo Evelyne Jouanno

Avec « Echos Eugène Jouanno », la seconde exposition dont vous êtes commissaire, c’est votre famille au sens propre que vous honorez. Eugène Jouanno, en effet, n’est autre que votre père

Enfant, j’ai baigné dans l’œuvre de mon père. Elle me fascinait au point que dans un premier temps, j’ai voulu être artiste, avant finalement de me tourner vers l’histoire de l’art et le commissariat d’exposition tout en optant pour un espace plus conceptuel et politique. Après son décès brutal en 2020, j’ai replongé dans son œuvre et souhaité lui rendre hommage.

vue de l’exposition Echos Eugène Jouanno (Centre d’art contemporain de Briançon) Photo Evelyne Jouanno


Table de sculptures, Echos Eugène Jouanno (Centre d’art contemporain de Briançon) Photo Evelyne Jouanno

L’artiste de la famille

Mon père est arrivé à Briançon en 1968 pour occuper à 26 ans un poste de professeur de dessin et arts plastiques au Lycée d’Altitude. Dès lors, il n’a cessé de développer en parallèle sa propre pratique artistique.
Evelyne Jouanno

Qui était votre père ?

Il est issu d’une famille de militaires de père en fils, tous prénommés Eugène, mais il était différent et s’est distingué par sa sensibilité poétique et artistique. Il a fait de la danse et a même été sollicité à deux reprises pour entrer à l’Opéra de Paris. Il est finalement devenu enseignant. Il est arrivé à Briançon en 1968 pour occuper à 26 ans un poste de professeur de dessin et arts plastiques au Lycée d’Altitude. Par la suite il a co-fondé l’actuelle École intercommunale des Beaux-arts qu’il a dirigée pendant trente ans, et il a aussi ouvert au milieu des années 1970 un cabinet d’architecture d’intérieur, son véritable gagne-pain jusqu’à la fin. En parallèle, il n’a jamais cessé de développer sa propre pratique artistique.

Eugène Jouanno, Chahut de masses, 1969, aquarelle et craie sur papier, 30 x 20 cm © Archives Eugène Jouanno

Dessins, sculptures, tapisseries, aquarelles, peintures… L’exposition montre son cheminement créatif

 La période fondatrice dans son travail est sans conteste celle de son arrivée à Briançon dans les Hautes Alpes. Il a très vite su dégager un lien entre sa conception de l’art, sa fascination pour le contexte environnant et sa maîtrise de différents modes d’expression. Il est passé progressivement de l’obscurité à la lumière, de la figuration à l’abstraction, avec des motifs qui reviennent de manière récurrente et sont souvent associés : le cercle, qu’il désignait comme « symbole de vie latente », et les trames ou « barrières », évoquant très certainement son idée de la société. J’ai d’ailleurs retrouvé dans les multiples notes et journaux qu’il a pu écrire, cette phrase mise en exergue sur un des murs de l’exposition : « Peindre est une façon de prendre un retrait par rapport au quadrillage aliénant de la société. »

Eugène Jouanno, Masses et ascension, 1971, aquarelle sur papier, 32 x 24 – © Archives Eugène Jouanno

Poétique tellurique

Ses œuvres témoignent d’un rapport étroit aux éléments.
Evelyne Jouanno

La montagne et la nature environnante sont aussi des sources d’inspiration majeures

La montagne est emblématique de son cheminement créatif, de cette mise à distance possible, et de cet idéal qu’était pour lui l’abstraction. Ses œuvres, dont les titres sont éloquents – Chahut de masses, Forces horizontales en formation, Les limites de l’univers, Lumières libres…– témoignent d’un rapport étroit aux éléments, à la formation du monde, à l’impulsion originelle. C’est en se frottant à l’expérience du sublime et de l’extrême que permet la montagne, qu’il explore et cherche à comprendre le sens de la « création ».

Eugène Jouanno, Bruit aspiré, 1980, aquarelle et craie sur papier, 40 x 31 cm – © Archives Eugène Jouanno

Le mot « Echos » renvoie aussi à son empreinte dans la ville. Il laisse des œuvres pérennes dans l’espace public Briançonnais

Non seulement des œuvres dans l’espace public, mais aussi une empreinte chez des particuliers à travers son activité d’architecte d’intérieur. Comme a pu le souligner Danie Chauvet, une amie qui a apporté son témoignage lors de la soirée inaugurale : « il avait le talent de conjuguer la poésie rustique des vieilles maisons du pays à l’élégance des lignes épurées de l’art contemporain. »

Sans compter qu’à son arrivée à Briançon, la ville n’avait alors aucune infrastructure culturelle. Il a commencé par organiser des salons pour de jeunes artistes. Puis avec Paul Dijoud, le maire de l’époque, il a fondé l’École des Beaux-Arts, l’École de musique et de danse, le Théâtre, et plus tard le Centre d’art contemporain où j’ai organisé cette exposition.

Eugène Jouanno, Horizon animé, 1982, aquarelle sur papier, 60 x 41 cm – © Archives Eugène Jouanno


Table de sculptures, Echos Eugène Jouanno (Centre d’art contemporain de Briançon) Photo Evelyne Jouanno

Un espace « Transmissions » est du reste aménagé dans l’exposition

Cet espace recueille et présente les témoignages de ceux qui souhaitent exprimer ce que mon père a apporté dans leur propre parcours créatif, et comment sa pédagogie se transmet dans le travail des générations suivantes. Cette section bénéficie aussi d’une collaboration avec Estelle Grisot.
À travers un film, des aquarelles et des textes, elle raconte son compagnonnage artistique de 25 ans avec lui. Enseignante elle-même, elle travaille depuis la rentrée dernière à partir de l’œuvre de mon père, et les travaux de ses élèves, adultes et enfants, vont continuer d’enrichir les murs et les porte-cartons de cet espace. Quel plus bel hommage…

Votre père vous a inspiré. Que vous a-t-il transmis d’autre ?

Eugène Jouanno, Forteresse « Escartons », Maquette d’une sculpture qui devait être érigée Place Rosenheim à Briançon Photo Evelyne Jouanno

Peu avant son départ, mon père m’a dit avoir été un « bricoleur » toute sa vie. Cela m’a rendue terriblement triste car ce mot était exprimé avec la plus grande désolation et dévalorisation qui soit. Mais j’ai aussi réalisé que j’ai toujours travaillé et développé mes projets en fonction des potentiels d’une situation, avec cette idée que si les moyens ne sont pas présents ni suffisants, les ressources disponibles peuvent être utilisées de manière productive, voire expérimentale. Cette notion de bricolage a été théorisée par Claude Lévi-Strauss dans La pensée sauvage. Il oppose l’ingénieur au bricoleur, et explique comment l’esprit d’entreprise émerge dans les zones défavorisées ou pauvres en ressources. Le concept de faire quelque chose à partir de rien est le principal moteur de la théorie.

Mon père était ce bricoleur dans tous les domaines. Il a sans doute fait la bricoleuse que je suis à mon tour.

#Anne Sophie Barreau

Pour suivre Evelyne Jouanno

Eugène Jouanno, Horizon animé, 1972, tapisserie, 93 x 74 cm – © Archives Eugène Jouanno

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