L’EasyTrans 2.0 franchit la grande muraille des langues

Connaissez-vous la Chine ? Peut-être faites-vous partie des cent mille français qui la visitent chaque année. Et comme tous ceux qui vous ont précédé au Palais d’Eté ou sur les rives du Bund de Shanghai, vous allez vous heurter à un mur encore plus infranchissable que la Grande Muraille : l’incompréhension quasi-totale des Hans pour une autre langue que le Mandarin ! Alors Singular’s vous présente l’EasyTrans 2.0, un traducteur de poche, pour vous éviter de vous y perdre, en Chine et ailleurs…

De manière générale, les Chinois ne s’expriment qu’en chinois. Même les nouvelles générations parlent l’anglais aussi bien qu’une fermière du Poitou sous Louis XIV. Pour se déplacer, les touristes demandent au concierge de leur hôtel de leur écrire en idéogramme leur destination, ville, musée ou autre … Sauf que parfois, les voyageurs sont conduits par des chauffeurs de taxi quasi analphabètes. Heureusement ! Les technologies sont là et comme chacun le sait, la Chine est devenue un géant dans cet univers de pointe.

Créée il y a (déjà) douze ans par des chercheurs de l’Université des Sciences de Pékin, la société IFLytek s’est imposée comme l’un des leaders planétaires des technologies de reconnaissance vocale. Le célèbre Massachussetts Institute of Technology classe iFlytek comme l’une des ‘’50 entreprises les plus intelligentes du monde’’.  Plus de cinq cents millions de citoyens chinois utilisent au quotidien les technologies de l’entreprise.

L’EasyTrans 2.0 franchit la grande muraille des langues

黑金组合. Photo © DR

La reconnaissance vocale, indissociable de l’éco numérique

Longtemps confinée aux balbutiements expérimentaux, la reconnaissance vocale est considérée comme un développement majeur pour l’ensemble de l’économie numérique. Aujourd’hui aux Etats-Unis des dizaines de millions de personnes pilotent à la voix depuis des enceintes spéciales, des systèmes de domotique pour gérer leur domicile, diffuser de la musique ou faire leurs courses online. iFlytek se concentre sur des interfaces de traduction. L’affaire est redoutablement complexe : depuis les années 1950, des entreprises non négligeables comme IBM s’essaient à produire des solutions de traduction informatisée. Pour l’instant, les résultats sont au mieux insuffisants, au pire totalement pitoyables. Aucune machine n’arrive au niveau de qualité de l’Homme. Sauf qu’aujourd’hui, de nouvelles méthodes comme le ‘’deep learning’’, une branche  de l’intelligence artificielle change radicalement la donne. La machine exploite déjà des plateformes techniques d’une puissance incroyable et de l’autre apprend par elle-même. Autrement dit, la machine progresse à chaque utilisation. iFlytek justifie d’une avance sensible sur d’autres acteurs comme Microsoft ou Google. Ses solutions sont déployées sur toutes sortes d’outils comme les téléphones ou les ordinateurs. Et aujourd’hui, l’entreprise chinoise lance l’EasyTrans 2.0, un traducteur de poche qui concentre le meilleur de son savoir-faire.

L’appareil ressemble à un smartphone ou à un gros enregistreur de poche de 15 cm de haut sur 1,4 cm de large et d’un poids de 120 grammes. L’EasyTrans 2.0 possède une panoplie de micros, de haut-parleurs et d’écran pour assurer des traductions orales ou scripturales. Aujourd’hui, l’appareil assure la traduction de 37 langues dont le français, depuis ou vers le mandarin.  Pas de passerelle directe entre par exemple, le français et l’anglais ou l’espagnol. Mais la confiance règne et iFlytek nous promet de telles capacités ‘’pour bientôt’’ sans plus de précision.

L’EasyTrans 2.0 franchit la grande muraille des langues

Photo © DR

Une traduction quasi instantanée

Nous avons testé l’appareil au cours d’une présentation organisée par le constructeur au Centre Culturel Chinois de Paris. Un démonstrateur a effectué toutes les tests possibles. Pour être sincère, si le journaliste de Singular’s est incapable de vérifier la qualité de ses propos traduits en mandarin, il peut affirmer que la traducteur fonctionne parfaitement dans l’autre sens. Egalement, pendant la conférence de présentation, nous avons pu suivre sur un grand écran une traduction quasi simultanée du français vers le mandarin, puis vers l’anglais. Toutes ces opérations transitent par la plateforme cloud d’iFlytek. Le système va plus vite et disons-le bafouille moins que la malheureuse traductrice préposée pour traduire les discours des intervenants.

L’EasyTrans 2.0 identifie quasi instantanément les propos, les traduit littéralement avant de les restituer dans une langue absolument correcte. Selon, les linguistes d’iFlytek le niveau de restitution s’élève à 95%, record du monde ! Et largement de quoi voyager en Chine en toute sérénité.  Nous avons rencontré Benoit un homme d’affaires parisien qui ne peut plus se passer du traducteur. « Il me facilite la vie d’une manière extraordinaire, explique cet industriel qui passe pratiquement quatre mois par an en Chine. Je peux dialoguer directement sans avoir besoin d’un interprète, qu’il s’agisse pour des évènements quotidiens comme une commande dans un restaurant ou prendre un taxi, ou pour mon travail, avec des enjeux autrement plus sérieux. »

L’EasyTrans 2.0 franchit la grande muraille des langues

Autour de la Cité interdite [Beijing]. Photo © Pierre d’Ornano

Une aide précieuse pour conquérir le fascinant extrême orient

Si l’EasyTrans 2.0 est commercialisé essentiellement en Chine, il est accessible partout. iFlytek vise les millions de Chinois qui voyagent à l’étranger ainsi que tous ceux qui peuvent traiter avec des étrangers comme les réceptionnistes des hôtels, les hôtesses d’accueil ou les serveurs de restaurant. Les besoins sont considérables.  Progressivement, l’entreprise s’implante à l’étranger. Les touristes étrangers peuvent l’acquérir sur des sites de commerce électronique pour 450 euros en moyenne.