Vins & spirits

Les caves rouges du Sud boostent les vins du Rhône, du Gers et de Buzet

Auteur : Mohamed Najim et Etienne Gingembre
Article publié le 12 mai 2022

[Les pépites de la révolution viticole] Les coopératives ont joué un rôle essentiel pour développer la viticulture rouge de la révolution industrielle. Elles jouent aujourd’hui un rôle tout aussi primordial pour diffuser les principes de la révolution viticole, pour Mohamed Najim et Etienne Gingembre qui présentent ces caves du Sud qui s’illustrent principalement dans les vins rouges :, La Cave de Plaimont défend des AOC de la vallée du Rhône, Les Vignerons de Buzet et La Cave de Tain réussissent à faire connaître des appellations méridionales sous estimées.

La coopération viticole apparaît avec le XXe siècle.

Le chai de la prestigieuse coopérative de Tain-l’Hermitage

Elle permet aux petits viticulteurs, qui s’adonnent souvent à la polyculture, de trouver un débouché pour leur vin. Ils sont évidemment trop faibles pour l’embouteiller et le vendre eux-mêmes. A partir des années 50, les plus riches, les plus gros vignerons des régions les plus prestigieuses, vont développer la vente directe. Des coopératives vont disparaitre, d’autres fusionner. Bref, depuis le début des bouleversements que nous avons analysés dans notre livre Quand le vin fait sa révolution (Cerf, 2021), le mouvement coopératif est en recul.
Cependant, un certain nombre d’entre elles a su prendre le vent, amenant leurs adhérents à mieux cultiver, à respecter davantage l’environnement, à améliorer la qualité de leurs vins. Celles-là ont les faveurs de la clientèle, d’autant que leurs bouteilles sont en général d’un excellent rapport qualité-prix.

Cette semaine, nous allons vous parler de ces caves du sud de la France qui s’illustrent principalement dans les vins rouges. La Cave de Tain défend des AOC désormais de grande renommée de la vallée du Rhône, d’autres comme Les Vignerons de Buzet et La Cave de Tain ont réussi à faire connaître des appellations méridionales jusque-là modestes, mineures ou décriées, en leur donnant accès au marché.
Conformément à un schéma classique, il existe aussi, cette fois au nord de la Loire, des coopératives presque exclusivement blanches. Mais c’est une autre histoire…

La Cave de Tain rend les pépites du Rhône presque abordables

Ludovic Beau succède à Xavier Gomart à la direction générale de la cave de Tain

Cette coopérative de Tain-l’Hermitage est incontestablement l’une des plus prestigieuses de France. Avec 30 hectares en appellation Hermitage, elle peut se permettre de produire des cuvées parcellaires comme de réaliser des assemblages. Premier producteur de syrah au monde, la cave dirigée par Ludovic Beau qui succède à Xavier Gomart s’est dotée ces dernières années d’un outil de vinification des plus performants. « De ce fait, ses vins ont gagné en densité, en fraicheur, en éclat », écrit le guide Bettane & Desseauve. De son côté, Frédéric Durand-Bazin, le journaliste du Figaro n’hésite pas à parler de ces « cuvées magiques de la cave de Tain » qui atteignent les meilleurs niveaux des propriétaires de l’AOC Hermitage, comme de Crozes-Hermitage, Saint-Joseph, Cornas ou Saint-Péray.
Avec un rapport qualité-prix particulièrement intéressant. Son Hermitage rouge Nobles Rives est « seulement » à 49,45 euros, son blanc à 41,75. Mais la cave propose aussi un Crozes-Hermitage rouge à 14,50 euros et un superbe Cornas à 28,90 euros.

La Cave de Plaimont a importé la révolution dans le Gers

Olivier Bourdet-Pees anime la Cave de Plaimont considéré un acteur incontournable du Sud-Ouest

Qui a entendu parler des vins du Gers, département vallonné où il fait si bon vivre. Les blancs étaient jadis si quelconque qu’on les distillait pour faire de l’Armagnac. Si ses alcools ambrés sont appréciés dans le monde entier, il faut désormais aussi parler de ses vins. Parce que les piquettes, c’est fini. Les vins du Gers sont devenus très plaisants.
Leur locomotive ? la cave de Plaimont. On ne tarit plus d’éloges en raison des progrès qu’elle a réalisés. « Plaimont est devenu un acteur incontournable du Sud-Ouest », écrit le Guide Vert. En effet, la coopérative s’affirme depuis quelques années au travers de vins de niche, reflets des terroirs, et de cuvées haut de gamme. Il faut dire que la révolution s’est invitée dans le Gers. Plaimont nous propose une multitude de pépites : un excellent Madiran à 10 euros, du Pacherenc du Vic-Blih moelleux à 25 euros, plusieurs cuvées de Saint Mont, comme le Château Saint-Go, L’Absolu des Terroirs, La Madeleine dont les prix s’échelonnent de 8 à 15 euros.

Ces vins figurent aujourd’hui dans la quasi-totalité des guides, et souvent avec une étoile du Guide Hachette.

Les Vignerons de Buzet se rapprochent de Bordeaux

Pierre Philippe, directeur général des Vignerons de Buzet, coopérative de plus de 200 membres

Depuis les années 70, l’AOC Buzet est le vignoble d’excellence du pays de Nérac, ancien fief des seigneurs d’Albret et berceau d’Henri IV. C’était à l’origine une composante du vignoble bordelais, aussi bien en rouge qu’en rosé ou en blanc. Et puis la bourgeoisie agenaise a fait de louables efforts pour développer et améliorer l’appellation. Pour cela, elle s’est appuyée sur la Cave des Vignerons de Buzet.
Créée en 1953, cette coopérative compte près de 200 adhérents qui sont de plus en plus nombreux à cultiver leurs vignes en bio ou en haute valeur environnementale. Le résultat est là : dégustés à l’aveugle, les vins de la cave soutiennent désormais la comparaison avec leurs prestigieux voisins bordelais.
Leur cuvée phare, qui a décroché trois étoiles du Guide Hachette 2021, est un rouge à moins de 8 euros. On y trouve plein d’arômes de fruits mûrs, du gras en attaque, une matière dense et ronde parfaitement soutenue par des tannins aux grains fin.
Autre cuvée méritant le détour, le Domaine du Grand Bourdieu est un vin structuré et aux tannins soyeux à moins de 10 euros.
Mais on pourrait aussi citer le Domaine de Sebastiane ou le Domaine de Lhiot. Des vins que vous pouvez bien sûr acheter en ligne sur le site Les Vignerons de Buzet.

En savoir plus sur la révolution viticole

Lire : Quand le vin fait sa révolution, Etienne Gingembre et Mohamed Najim, Ed. du Cerf, 2021, 288 p., 20€, et sa « constellation de vins d’exception, de vins de gourmandise, de vins de saveurs, de vins d’émotion »

En savoir plus sur les Coopératives retenus :

 

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