Avec le drone iBubble, les plongeurs ont enfin leur animal de compagnie

Le premier drone sous-marin sans câble au monde est français. Il a pour nom iBubble et les premiers engins commencent ce mois-ci leur exploration des océans.

Avec le drone iBubble, les plongeurs ont enfin leur animal de compagnie

 Le iBubble est le premier drone sous-marin sans câble au monde. Photo © DR

Silencieusement, un étrange objet jaune et noir aux lucarnes globuleuses éclaire la voie. Derrière lui, deux plongeurs profitent de sa présence pour contempler les fonds marins des calanques marseillaises. C’est dans les profondeurs provençales que les plongeurs d’iBubble testent le drone éponyme. Un plongeur guide le drone depuis une télécommande à basse fréquence, attachée comme une montre à son poignet. Il lui délivre des instructions telles que ‘’Au dessus de moi’’, ‘’à ma droite’’ ou « « à ma gauche’’ etc. Pour éviter les obstacles, le drone possède un sonar. Que personne ne s’y trompe, la réalisation de cet engin de plongée constitue un véritable exploit technologique. Le iBubble est le premier drone sous-marin sans câble au monde !
L’eau constitue en effet un véritable barrage pour les ondes. Impossible de piloter via le WIFi ou le Bluetooth un drone sous-marin depuis la surface. Il aura fallu deux années de développement et une batterie de brevets internationaux avant d’effectuer les premières plongées. Mais aujourd’hui, iBubble est capable de transmettre des sons et des images de plusieurs manières possibles.

Un rêve d’ingénieurs

A la base de l’aventure iBubble, deux ingénieurs, Benjamin Valtin (41 ans) et Nicolas Gambini (35 ans) passionnés de plongée sous-marine. En confrontant leurs expériences, ils décident de créer un drone sous-marin autonome, une sorte compagnon capable de les accompagner dans leurs expéditions au pays des poissons. La startup débute ses activités en 2016…. à Grenoble, plus connu pour ses cimes neigeuses que pour ses coraux multicolores. L’affaire démarre en tout cas sur les chapeaux de roue ! iBubble réalise une levée de fonds de 200 000 euros grâce à une campagne de crowdfunding sur la plateforme Indigogo. Les contributeurs auront le droit d’acquérir le drone pour 1 400 euros au lieu de 4 000 euros, le prix normal. Ce succès vaut toutes les campagnes marketing. Surs de leur fait, Benjamin et Nicolas arrivent à convaincre des investisseurs d’injecter en deux fois 2,8 millions d’euros. La trésorerie permet de recruter et de lancer la production du drone. Aujourd’hui, iBubble emploie une vingtaine de personnes sur ses sites de Marseille et de Lyon. Le drone est assemblé à Joinville en Lorraine chez EFI, un spécialiste des assemblages complexes.
Pour la mise au point de l’engin, iBubble est soutenu par deux vedettes de l’univers aquatique Didier Noirot, le caméraman des expéditions Cousteau, son compère François Sarano ancien conseiller scientifique du commandant de la Calypso, Guillaume Néry, quadruple champion du monde de plongée en apnée, ou encore Alban Michon, explorateur polaire français et spécialiste de la plongée extrême.

Au milieu des calanques, les plongeurs poursuivent leur promenade au milieu des mérous. Le drone filme en HD ou Full HD (Haute Définition) grâce à une caméra ‘’Action’’ de type GoPro. L’engin dispose d’une autonomie d’une heure et peut vadrouiller jusqu’à 60 mètres de profondeur.

Déjà pléthore de clients

Cet iBubble a immédiatement attiré l’attention d’un public très diversifié. Des particuliers qui ne conçoivent plus de nager sans lui. Mais aussi l’intérêt de clubs de plongée qui en font un auxiliaire de sécurité et un outil de démonstration et d’apprentissage. Avec ce drone, les scientifiques rêvent de mettre leurs palmes dans celles de Jacques Yves Cousteau. Les industriels se montrent également très motivés par un appareil qui peut filmer la coque d’un bateau au milieu d’une carène de chantier naval ou d’explorer la base d’une plateforme pétrolière en toute sécurité. La gendarmerie envisage aussi d’exploiter le drone pour effectuer des recherches de corps ou d’objets sous l’eau.

Dans le cas d’usages professionnels, le drone fonctionne avec un câble de 120 mètres afin de remonter les images en temps réel. iBubble propose également un mode autonome sans câble via des commandes programmées. Le robot revient de lui-même vers son site d’immersion. Dans ce cas les images sont enregistrées. Nos ingénieurs exploitent à fond les solutions d’intelligence artificielle. La startup se fait ainsi forte de livrer ses drones dotés des solutions informatiques développées sur mesure pour ses clients.

Les livraisons des premiers iBubble démarrent en novembre. L’entreprise a enregistré 200 commandes. Les nouveaux clients devront patienter deux mois avant d’emporter leur drone en ballade. Aujourd’hui, les clients peuvent opter entre un iBubble jaune et noir, et un iBubble jaune et noir…. Mais prochainement, l’entreprise promet de livrer des coques d’autres couleurs pour customiser le drone. C’est les poissons qui vont être contents !