Culture

Le carnet d’écoute de Marie-Josèphe Jude, pianiste, DA du Nice Classic Live

Auteur : Olivier Olgan
Article publié le 5 août 2020

La directrice artistique du Nice Classic Live (jusqu’au 15 aout)  est d’abord une pianiste qui n’oublie jamais l’importance de la transmission. Si Marie Joseph Jude a choisi d’exercer toutes les facettes de son métier, c’est pour partager sa passion précoce pour la musique. Son carnet d’écoute reflète sa personnalité et son jeu musical rayonnants.

Marie-Josèphe Jude, le goût du bonheur

la pianiste Marie-Josèphe Jude, directrice artistique du festival et présidente de l’Académie Internationale d’Eté de Nice © DR

Michaux écrivait : « Je n’ai pas l’imagination du bonheur ». Le bonheur du musicien, Marie Josèphe Jude l’invente au quotidien. Dans sa vie d’abord. Avec son compagnon le pianiste Michel Beroff, elle partage le goût et l’exigence des aventures sonores. En témoigne leur remarquable cd « Double jeu » dédié à Liszt (Lyrinx – Qobuz  ). Ils jouent à 4 mains la ‘9éme’ de Beethoven, transcrite par Lizst le 14 août à Nice.
Dans sa vie d’artiste, ensuite. La Victoire de la Musique 1995 n’a cessé d’ ouvrir son horizon. Cette juste distance qui se retrouve dans son jeu lui révèle aussi à quel point le piano peut (lui) apporter et donner du plaisir. Tout en veillant à le transmettre comme professeur au CNSMD de Paris, présidente de l’Académie Internationale d’Eté de Nice et directrice artistique du Nice Classic Live (jusqu’au 15 aout)….

Toutes ses activités participent à cette prise de risque nécessaire pour inventer son bonheur. « Les obstacles sont nécessaires, pas seulement pour son art, mais pour soi-même, pour mesurer son niveau d’implication.» aime-t-elle à dire. Le bonheur musical selon Jude passe par bien d’autres chemins ; de la musique de chambre, au concert collectif, de Debussy à Maurice Ohana (dont elle reste l’une des meilleures interprètes).
Grâce à elle, la beauté se déniche partout. Lente, douce et profonde, telle est la manière choisie par Jude pour célébrer les musiques aimées de l’intérieur. Déjouant les genres. L’intelligence peut faire bon ménage avec la joie et l’imagination créatrice. La programmation du Nice Classic Live (jusqu’au 15 aout)  et de son carnet d’écoute en témoignent.

Carnet d’écoute

Tchaïkovsky Cto pour piano n°1 – Rachmaninov Cto pour piano n°2 (Aldo Ciccolini. dir. Constantin Sylvestri) Ce disque m’a accompagnée durant toute mon enfance à Nice. Puis Aldo Ciccolini fut mon professeur… Je reste en admiration devant la noblesse de son jeu qui parvient à sublimer le romantisme de ces 2 concertos phares en les interprétant avec pudeur et clarté …

Stravinsky a très peu écrit pour le piano, au grand regret des pianistes !! J’ai découvert sa musique très jeune en allant voir danser mon frère, Charles Jude (ancien étoile de l’Opéra de Paris et directeur du Ballet de l’Opéra de Bordeaux de 1996 à 201, membre de la Fondation Rudolf Noureev et Vice-Président de la Fondation Lifar]. Le choc du Sacre du Printemps reste intact, je suis encore aujourd’hui hypnotisée par cette musique aux contrastes parfois violents et aux mélodies si subtiles.

Pour les pianistes, la voix est ce que l’on chercher indéfiniment à « imiter », le legato et le phrasé sont tellement naturels pour les chanteurs ! Elizabeth Schwarzkopf a un timbre qui donne des frissons, et les 4 derniers lieder de Strauss sont une œuvre où l’émotion nous prend à la première note pour ne plus nous lâcher …

Élis Regina « Élis et Tom » J’ai une passion depuis toujours pour la musique brésilienne et ses rythmes nonchalants mais précis … Là encore une voix d’exception, Elis Regina, par la pureté de son timbre ; un disque que je peux écouter en boucle …

Schumann par Clara Haskil,
Découverte au moment de l’adolescence : j’avais lu une biographie de cette pianiste au destin compliqué et j’avais été touchée profondément par son histoire.

Il y a une sincérité et une force inouïes dans son jeu.

L’intégrale des Nocturnes de Chopin. Rubinstein a une élégance et une noblesse inégalables, on dirait qu’il raconte quelque chose en jouant, je suis à chaque fois bluffée par l’agogique , la narration qui transcende tout ce qu’il joue …

« Tutu » de Miles Davis. Un des disques de jazz qui m’ait le plus marquée au moment de sa sortie, un exemple de concision dans le discours , dire l’essentiel avec peu de notes !

Prochains concerts

Vendredi 6 août La Nuit Américaine

20h – Amérique du Nord
aux cotés des pianistes Laurent Cabasso, Jean-Marie Cottet, Pascal Rogé, du violoniste Jean-Marc Phillips, et de la soprano colorature, Elizabeth Vidal, Réserver ici

  • GERSHWIN Porgy and Bess (extraits) pour violon et piano,
  • BERNSTEIN Sonate pour clarinette et piano,
  • COTTET « Ce que la nuit révèle » (création mondiale) pour piano à 4 mains,
  • GERSHWIN Summertime pour soprano et piano,
  • Harold ARLEN Over the Rainbow,
  • Elvis PRESLEY Love me tender,

21h30 – Amérique du Sud, Tango et bossa-nova
aux cotés des violonistes Jean-Marc Phillips, Pierre Bensaïd / Léa Bensaïd, du violoncelliste Guillermo Lefever, du contrebassiste Philippe Gallois, du clarinettiste Pierre Génisson, du flutiste Julien ; Beaudiment, et du batteur Ludovic Guivarch, dirigé par Thierry Muller, Réserver ici

  • MILHAUD-HEIFETZ Braziliera pour violon et piano,
  • PONCE-HEIFETZ Mexican serenade pour violon et piano,
  • VALE-HEIFETZ Ao pé da fogueira pour violon et piano,
  • MULLER Bossa tango,
  • MULLER Tango Balade,
  • PIAZZOLLA Les saisons,

Vendredi 14 août – Le piano-orchestre : L’hymne à la joie

20h – BEETHOVEN-LISZT La 9ème Symphonie (Réserver ici)

  • Transcription pour 2 pianos avec Michel Beroff

 

 

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