Culture

Hommage à David Freel (1958-2022), leader du groupe Swell

Auteur : Calisto Dobson
Article publié le 25 avril 2022 

[And so Rock ?] Dans l’indifférence presque générale, le 12 avril 2022, David Freel fondateur et discret leader du groupe Swell est mort.  Il avait 64 ans et une dizaine d’albums qui l’ont fait entrer dans le panthéon du Rock. Cette disparition sonne pour Calisto Dobson comme un cœur qui se brise.

Le meilleur rock ? 70’ ou 90’

Un entrefilet dans la chronique rock d’Arnaud Viviant d’un Libé du lundi nous fait mettre l’oreille sur Swell. Les années 80 furent au rock une décennie mal aimée en son temps, un moment détestée, un peu plus tard réévaluée pour finir par être (enfin) vénérée. Un peu comme toutes les décennies du rock en leur temps me direz-vous ! Sauf qu’aujourd’hui certaines sont devenues intouchables.  Jusqu’aux 90’s, les 00’s ne sont pas encore complètement entrées au pinacle, pas que je sache en tout cas étant donné que j’ai presque l’âge du rock.
Les 90’s seraient donc considérées par les pinailleurs, puristes et autres ‘gardiens du temple’l comme ‘la meilleure décennie rock de tous les temps’. À la question de la plus grande année du rock, Google retient « 1971 comme l’année dorée », Thierry Jousse (Ciné Tempo, France musique) consacre une série à « 1972 une année prodigieuse » alors que Brice Couturier s’engage pour 1969.

David Freel (1958-2022) fondateur et leader de Swell

Tout ce « postillonage » pour rendre un hommage ému, sincère et tendre à David Wendell Freel, leader de Swell groupe de rock de ces fameuses années 90 dont Singulars ventait déjà les mérites.
Le meilleur ? Nous ne le saurons jamais vraiment, les avis changent tout le temps notamment via les algorithmes. Mais en tout état de cause, un des plus attachants, par son humilité, son intégrité et surtout pour la singularité de son identité. Rien que Swell, ce nom aux multiples significations suivant la façon dont vous l’employez mériterait un article de fond sur la qualité des noms de groupe et des intentions qu’il colporte.

L’underground prend la lumière

À l’aube des années 90, San Francisco n’est plus la capitale du rock qu’elle a pu être un quart de siècle plus tôt. Du soleil bleu ne semble plus s’étirer qu’une brume aux relents d’humidité à se calfeutrer au fond d’un studio. C’est là qu’apparaît émergeant de la brume en question Swell. Nous pouvons aujourd’hui affirmer qu’un tel groupe sonna le tocsin des dix années à venir qui seraient l’avènement de ce qui est devenu un genre à part entière le rock indépendant. L’underground qui prend la lumière, enfin à travers ses fêlures. David Freel, l’homme derrière le projet Swell, revient aux fondamentaux tout en croisant l’acier des cordes de sa guitare acoustique avec l’électricité.

Retour aux fondamentaux

Un son de western urbain crépusculaire aux accents gothiques qui évitent la caricature et le grand guignol. Un psychédélisme ténébreux dirons-nous. Les écoutes des trois premiers albums de Swell pouvant faire office de trilogie nous plongent dans la fraîcheur des nuits du nord de la Californie aux lueurs lunaires voilées de nuages lancinants. Le paysage sonore dépayse, il fait table rase tout en ravivant des ombres ancestrales. Les oreilles attentives de ceux pour qui la musique est une religion se dressent immédiatement et court le bruit sinueux de Swell entre toutes les couches synaptiques des amoureux de la solitude comme compagne apprivoisée. La première marche sobrement intitulée Swell suivie de …Well? une façon de dire ce que ça dit. Bon? Ou alors, tiens c’est chouette… Se clora avec l’apothéose 41 du 41 Turk Street, coin de San Francisco délabré où vit David Freel.

Quoi faire après …Well ?

La musique de Swell est déjà une musique ancienne sans être vieille. C’est entre autres ce qui lie les huit albums du groupe tous autant recommandables sans oublier le “Lost Album” et les chutes merveilleuses de “Bâtardises, Raretés 1989-1994”. En y ajoutant comme ingrédient majeur une probité artistique toute en abnégation vous obtenez plus de vingt années d’une carrière sans défaut.
Rien n’est à jeter chez Swell. Ne serait-ce que pour ça, à la question “ai-je rendu le monde meilleur?” Nous pouvons répondre pour David Freel oui sans hésiter. La stature d’un homme tel que lui manque déjà à l’humanité telle qu’il nous semble la connaître aujourd’hui.
Just look up and smile ‘cause life is Swell. (Lève les yeux et souris parce que la vie est chouette).

#Calisto Dobson

Dernières traces de David Freel (1958-2022)

Discographie

  • Swell, pSychoSpecific Records 1990
  • Well? pSycho-Specific Records 1991
  • 41 American, Recordings 1994
  • Too Many Days Without Thinking, Beggars Banquet 1996
  • For All The Beautiful People, Beggars Banquet 1998
  • Everybody Wants To Know Beggars Banquet 2001
  • Whenever You’re Ready Badman Recording Co 2002
  • Bastards And Rarities Badman Recording Co 2003
  • South Of The Rain And Snow pSychoSpecificMusic 2007
  • The Lost Album pSychoSpecificMusic 2007

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