Plage Palace… à Palavas-les-Flots, by Costes

Palavas-les-Flots (Hérault), à 15 km de Montpellier, est réputé pour être une station plutôt populaire du littoral languedocien… Pourtant, c’est là que les frères Jean-Louis et Guy Costes ont ouvert cet été leur Plage Palace. Après des mois de vicissitudes politico-administratives liées à la concession de la plage privée, leur 5* sonne comme un « Fiat Lux » (que la lumière soit)… version Costes. Même si l’œuvre n’est pas totalement achevée. A découvrir, pour sa prochaine réouverture…

Recherche de pureté, impression de blancheur éclatante de l’endroit des murs aux parasols, de la mer aux grains de sable. Maldives, Bermudes ? « Sous le soleil exactement, pas à côté…» chanterait Gainsbourg. C’est sans doute le message subliminal que Guy et Jean-Louis Costes souhaitent faire passer sans autre « com » qu’un bouche-à-oreille aux « happy fews » comme ils l’ont fait pour toutes leurs autres affaires. La recette fonctionnera-t-elle pour une clientèle internationale capable de débourser 500€ la nuit, plus familière sans doute de Calvi ou de Porto Cervo que de Palavas … Sans parler des Montpelliérains et autres Languedociens qui connaissent leur littoral et ses bonnes adresses ?

Plage Palace… à Palavas-les-Flots, by Costes

Une façade en assemblage de cubes sur une morphologie en courbes. Photo © Laurent Bromberger

Avec du recul, la vision extérieure du Palace ne manque pas d’impressionner. Entouré d’une palissade de poutres noircies fichées dans une dune, il évoque une recherche de la quadrature du cercle, une sorte de yin-yang costien… Assemblage de cubes sur une morphologie en courbes. Des chambres dépouillées comme un désert à la géométrie cubiste qui cassent l’habituel ordonnancement hôtelier et leurs king-size plaqués contre les murs.

Plage Palace… à Palavas-les-Flots, by Costes

Le hall d’entrée du Plage Palace. Photo © Laurent Bromberger

Comme dans un film d’Antonioni

Le hall, grand espace vide ponctué de colonnes et dont quelques fils pendent du plafond, dispose comme seul mobilier du bureau de la réception. L’ensemble évoque un film d’Antonioni sur l’inexorable solitude humaine… L’impression devrait disparaître avec le début des travaux de la balnéo et du restaurant ainsi que du bar, prévus pour l’automne. Justement, la cuisine est installée dans l’une des deux paillotes de la plage privée. A l’ombre de parasols, on déjeune sur des tables plus basses que les fauteuils… La playlist savamment étudiée pour faire la synthèse entre les tympans des retraités et ceux des ados ne dissipe pas l’attention lors de lecture de la carte très costienne. Propositions déjà vues mais bienvenues car fraîches, comme ce thon cru-avocat ( 22 €) – généreux et savoureux – ou cette salade de boeuf thaï (race Aubrac) ( 22€) aux grains de soja bien croquants. Salade de poulpe fèves et asperges ( 22€) ou pélardon (8€) rappellent les origines locales. En dessert, la panna cotta à la mangue (8€) apporte un zeste de sensualité et fait oublier la trotteuse tandis que la brise marine caressante ne fait pas regretter le trajet depuis une agglomération Montpelliéraine parfois caniculaire.

Plage Palace… à Palavas-les-Flots, by Costes

La piscine de 27 mètres de long, chauffée. Photo © Laurent Bromberger

La plage, sortie des sables mouvants

Pour les frères Costes et notamment Jean-Louis, propriétaire et fondateur de l’Hôtel Costes à Paris, habitué à fignoler le moindre détail, cette implantation sur le littoral héraultais de ce Plage Palace a dû s’apparenter à un calvaire. De quoi aller brûler 1000 cierges à Notre-Dame de la Maguelone. Le Plage Palace aurait dû ouvrir en 2016. L’investissement initial étant estimé à 25 millions de travaux pour un établissement de 70 chambres. Mais c’était oublier les politicailleries locales et l’enchevêtrement des territoires sur ce littoral. Ainsi, la plage face au Palace dépendait de la commune voisine de Carnon et une concession de restaurant avait été attribuée à un autre particulier alors que le bâtiment était terminé. Pour les Costes, impossible d’envisager une exploitation de l’établissement sans la plage. Le bâtiment a, dit-on, failli se muer en résidence hôtelière. La concession tant espérée a finalement été attribuée aux Costes courant 2017. Tout cela explique l’ouverture qui fut un peu précipitée motivée sans doute par la volonté de ne pas rater une saison de plus avec un hall dépourvu de bar, de restaurant et de balnéothérapie. Mais les accouchements aux forceps ne font pas forcément des êtres malingres…